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Emmanuelle Cosse, membre de Cette France-là, était l’invitée de Daniel Cohn Bendit au Grand Journal de Canal+ (émission du 19 juin 2009).

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Le Grand Journal de Canal+

19 juin 2009

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Le premier tirage (4000 exemplaires) du volume 1 de cette France-là est épuisé. Un second tirage de 1000 exemplaires est disponible en librairie à partir du 21 avril 2009.

Ce tirage est disponible en version brochée avec une couverture souple (le premier était relié, couverture rigide), son prix est de 14 € (au lieu de 15 €).

La diffusion est également assurée par La Découverte.

21 avril 2009

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Lien Le Berry Républicain

VIERZON vendredi 17 avril 2009

Un collectif a rédigé un livre sur la politique d’immigration. Deux des coauteurs seront ce soir au Ciné-Lumière pour un débat sur le sujet.

C’est un livre noir, épais, à la couverture rigide où se détache un titre discret : « cette France-là ». Parmi les signataires de cet ouvrage, Caroline Izambert et Gaëlle Krikorian côtoient une vingtaine d’autres coauteurs. Les deux jeunes femmes, la première enseignante et la seconde chercheuse en sciences sociales, seront ce soir, à Vierzon, au Ciné-Lumière, pour participer au débat sur les demandeurs d’asile autour du film Pour un instant la liberté.

Cette France-là est le titre d’un ouvrage collectif et celui d’une association. Qui regroupe-t-elle ?

Elle regroupe des gens aux savoirs différents, journalistes, enseignants, sociologues, universitaires, membres d’associations, des gens aux trajectoires différentes, et cela pour réaliser une expertise citoyenne sur la politique d’immigration sous Nicolas Sarkozy. Notre expertise commence le 6 mai 2007. Et le premier tome s’arrête le 30 juin 2008.

Qu’avez-vous rédigé dans cet ouvrage ?

Des portraits de personnes sans papiers, un chapitre sur l’accès aux soins et un autre sur les centres de rétention. L’écriture est collective. Nous comptons sortir un livre par an, le temps que Nicolas Sarlozy est au pouvoir.

Quel est le sens de cette expertise citoyenne ?

Notre démarche est simple : prendre au mot le Président de la République qui avait parlé, en matière de politique d’immigration, de rupture. Sa politique, a-t-il dit, ne s’était encore jamais faite jusque-là. Les coauteurs de l’ouvrage ont donc collecté les informations, avec sérieux et rigueur, de façon à chercher les signes de cette rupture, par la contestation que cette politique suscite, par exemple. Nous sommes allés voir à tous les étages, de la lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Brice Hortefeux (alors ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale) jusqu’aux centres de rétention. Dans notre travail, nous avons eu la chance de pouvoir nous appuyer sur de nombreux rapports.

Quelle a été votre principale préoccupation ?

Notre principale réflexion portait surtout sur la cohérence et le sens de cette politique. En avançant, nous sommes allés d’effarement en effarement avec des situations incohérentes. Nous avons constaté un vide concernant le retour humanitaire des demandeurs d’asile, dans leurs pays afin de gonfler les chiffres de l’immigration. Notre principale difficulté a été de l’ordre intellectuel pour comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette politique-là.

Alors rupture ou pas rupture ?

Il y a une rupture ? dans le discours. Un tour de passe-passe qui consiste d’un côté à mener une politique répressive à l’égard des étrangers et de l’autre, à vouloir, imposer une immigration choisie. Ce sont là deux pôles antinomiques ! C’est là qu’est la rupture. D’autant que cette politique met à mal des professions, les policiers, les agents de la Préfecture. C’est une politique difficile à appliquer. C’est cette contradiction que nous mettons en avant. Le ministère de l’Immigration a réservé quel accueil à votre livre ? Le ministère en a eu un exemplaire. Il en a demandé dix de plus, en disant que c’est un bon document. Il faut ajouter que cette politique a un coût très élevé et elle ne correspond pas à la rationalité dont elle se réclame. Je suis désolé mais reconduire des gens chez eux pour en faire venir d’autre...

Rémy Beurion remy.beurion@centrefrance.com

17 avril 2009

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Lien place.publique.fr

Les décennies à venir seront marquées par d’importantes migrations vers les pays de l’OCDE. Elles viendront compenser le déficit démographique de populations vieillissantes et répondre à des nécessités économiques et humanitaires.

* D’abord un film, « Welcome », de Philippe Lioret. Un film « bouteille à la mer » comme on en voit rarement, sur le sort des réfugiés de Calais qui tentent de traverser la Manche. Il raconte le soutien d’un maître nageur (Vincent Lindon) à un jeune Kurde qui veut rejoindre sa fiancée en Angleterre. L’humanité des personnages est inversement proportionnelle à la froideur de la mer qu’il faut traverser et à la glaciale sècheresse de la politique du chiffre mené par le gouvernement français. « C’est aussi un homme qui cesse de regarder en bas en rentrant chez lui, qui lève un peu les yeux et qui devient un citoyen qui se mêle » raconte l’acteur Vincent Lindon. Le ministère de l’Immigration a annoncé qu’il comptait interpeller, en 2009, quelque 5500 personnes ayant un jour aidé un sans-papiers. Ces citoyens qui "se mèlent" sont de plus en plus nombreux. Le 8 avril, une dizaine d’associations comme Médecins du monde et le Comité médical pour les exilés (Comede), ont appelé à manifester devant les palais de justice de toutes les grandes villes contre le délit de solidarité". Voyons les choses en face. N’en déplaise aux tenants des "identités nationales", l’émigration qu’elle soit politique économique ou climatique, est une donnée de base des temps à venir. Un pays bien dans sa peau n’a pas de problème avec les émigrants. Sinon, c’est qu’il a peur. La peur est manifeste dans les pays européens , en particulier la France. Sans doute notre pays est-il mal dans sa peau. Il risque de l’être de plus en plus s’il ne se met pas en état de penser cette réalité incontournable. Dans « Souvenirs d’un européen » (Livre de Poche) , Stephan Zweig écrit qu’avant 1914 on voyageait sans passeport, sans formalités à remplir, il n’y avait pas de visa. On traversait les frontières avec autant d’insouciance qu’on traverse le méridien de Greenwitch. Ce temps est révolu. L’absurdité est dans ce paradoxe : tandis que les pays développés auront de plus en plus besoin d’apports nouveaux de populations, l’Europe se transforme en forteresse.

* Ensuite, un livre : « Cette France-là » (La Découverte paru en mars 2009). Cet ouvrage collectif fait l’état des lieux de la politique d’immigration et d’identité nationale voulue par Nicolas Sarkozy. Un dossier capital pour comprendre la logique de ses acteurs, et la nature des arguments déployés pour justifier le bien-fondé de l’opposition qu’elle institue entre « immigration choisie » et « immigration subie ». Les auteurs reconstituent l’obsession du résultat qui caractérise cette politique du chiffre. Ils montrent que « sa rationalité ne correspond guère aux justifications qu’elle allègue, qu’il s’agisse du pragmatisme économique, de la prévoyance démographique, du souci de l’intégration et du développement solidaire ou encore au respect de l’État de droit ». La première partie de l’ouvrage rapporte plusieurs dizaines d’histoires de personnes ayant fait l’objet d’une mesure d’éloignement et raconte leur parcours jusqu’à l’expulsion, ou rarement à la régularisation. L’ouvrage décrit l’important dispositif affecté, confié à Brice Hortefeux, jusqu’aux collaborations apportées par certains segments de la société civile, en passant par les contributions de la police, de la justice, des ministères du Travail et de l’Éducation nationale, ou encore des élus locaux. Mais aussi le nouveau rôle joué par les préfets dont le Président a renforcé le rôle et le contrôle. Eloquent !

* Enfin, un Rapport de l’OCDE " l’avenir des migrations internationales vers les pays riches à l’horizon 2030". (à paraître dans le courant du printemps). Il dresse une analyse prospective des flux migratoires internationaux des pays non-membres de l’OCDE vers les pays de l’OCDE. Il examine d’une part les facteurs de rejet et d’attraction et d’autre part les tendances susceptibles d’influencer les flux migratoires internationaux. Lucide ! Cette étude montre que les flux d’immigration sont restés importants. Les chiffres actuels concernant les pays de l’OCDE indiquent que la population née à l’étranger s’élevait à 11.7% en 2006 et que les flux d’immigration ont augmenté de 18% en 2006 par rapport au tournant du siècle. Ces chiffres ont progressé régulièrement, en même temps que le nombre de pays hôtes et de pays d’origine. Entre 1990 et 2000, en moyenne, quelque 2.5 millions de migrants (chiffre net) ont quitté les régions les moins développées du globe chaque année à destination des plus développées (ONU, 2005). Les flux d’immigration les plus importants ont été enregistrés en Amérique du Nord, avec une moyenne de 1.4 millions d’individus par an ; ensuite vient l’Europe qui a absorbé quelque 0.8 million d’immigrants chaque année. Il est difficile, voire impossible, de prévoir l’ampleur et la direction que prendront les migrations de demain mais tout indique que les flux au départ du monde en développement vers les pays de l’OCDE augmenteront dans les décennies à venir. Avec l’apport notamment des « écoréfugiés ».

L’OCDE évoque une véritable mutation d’ordre technologique, démographique, économique, environnemental, politique, liées au marché du travail. De fait, les politiques migratoires des pays riches devront faire face à un double enjeu : d’une part, la nécessité de capitaliser et de multiplier les avantages que les migrations internationales peuvent procurer pour l’économie et la société, en particulier face au vieillissement des populations, et d’autre part l’obligation de gérer les migrations, qui sont sources de conflits communautaristes et de rejets identitaires et de faciliter l’intégration économique et sociale des nouveaux arrivants.

Les inconvénients analysés par les experts ne résistent pas au poids des avantages. Le vieillissement de la population européenne ne représente plus un scénario abstrait décrivant un futur éloigné. Les perspectives sont connues depuis longtemps. D’ici à 2050, nous allons perdre en Europe 40 millions d’habitants. Nous serons moins de 400 millions de personnes. II y aura 7 millions de jeunes européens (16-24 ans) en moins dans la période 2010-2030. On comptera 25 millions d’adultes en moins (25-54 ans) pendant la même période. La moyenne d’âge sera de 49 ans, contre 36,5 ans aujourd’hui. Les Américains, eux, auront une moyenne d’âge de 36,5 ans. Face à un pays vieillissant, les migrations sont apports de jeunesse, de ressources, d’échanges culturels et de paix. L’évolution démographique de l’Union marque ainsi le tournant le plus important de son histoire.

Selon une autre étude sur la démographie, présentée par la commission européenne, en novembre 2008, la population âgée de 60 ans et plus va croître à raison de 2 millions de personnes chaque année au cours des 25 prochaines années. Au même moment, la croissance de la population en âge de travailler décroîtra rapidement et s’arrêtera complètement d’ici à 6 ans. Comme la nature a horreur du vide, sans un recours massif aux émigrants, la production de richesses risque de n’être pas assurée D’où la nécessité de bien gérer les flux de migrations. Pour réussir l’immigration, il faudra bien se poser la question du choix et les conditions d’accueil Pour l’OCDE, aider les immigrés et leurs enfants à trouver un emploi doit constituer une priorité.

par J. Sabo

10 avril 2009

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Documents Frankreich und die Immigration […] [PDF - 191.8 ko]

Im Frankreich von Nicolas Sarkozy ist Immigration ein zeitlos aktuelles Thema. Ein Film von Philippe Lioret liefert dazu jetzt Anschauungsmaterial, und ein Kollektivwerk bietet eine dichte Analyse.

Fährschiffe hinter hohen Gittern : Das erste Bild von Philippe Liorets Spielfilm « Welcome » gerät zum Emblem der Falle, in der der 17-jährige irakische Kurde Bilal nach einer Fussreise durch ganz Europa im französischen Calais festsitzt. Die Transportmittel, um ins gelobte England zu gelangen, liegen in Sichtweite. Aber für den jungen Mann wie für Hunderte von Schicksalsgenossen ist es fast unmöglich, an sie heranzukommen. Strenge Kontrollen verunmöglichen das Mitreisen auf einer Personenfähre. Das Trittbrettfahren auf dem Eurostar ist lebensgefährlich. Bleibt die Möglichkeit, über Menschenschmuggler für teures Geld ein Versteck in einemLKWzu ergattern. Ein entsprechender Versuch scheitert für Bilal allerdings dramatisch und traumatisch.

 Szenen aus einer anderenWelt

Als Minderjähriger und als Angehöriger eines Staats im Kriegszustand ist Bilal doppelt gegen Ausschaffung geschützt. Doch stellt der Richter, der ihm dieses bescheidet, auch klar, dass man — sprich : die Staatsgewalt — ihn « mit aller Kraft ermuntern  » werde, die selbsternannte Heimat der Menschenrechte schnellstmöglich wieder zu verlassen. Wie diese Ermunterung konkret aussieht, zeigt später eine Szene, in der sogenannte Ordnungshüter Sans-Papiers brutal auseinanderjagen, die bei einer Essensausgabe Schlange stehen. Eine Fiktion ? Mitnichten : die traurigeWahrheit, so jüngst ein Mitgründer einer in Calais ansässigen Hilfsorganisation gegenüber « Le Monde ». Tränengas und Knüppelschläge seien in der Region das tägliche Los der Migranten, schwangere Frauen und Kinder inbegriffen. « Was wir hier seit sechs Jahren erleben, ist unvorstellbar. Polizeiautos, die mit Vollgas auf einen zurasen oder mit offenen Türen den Rückwärtsgang einlegen. Wir leben in einer anderen Welt, über die die Medien nur sehr selten berichten. »

Was Bilal betrifft, bedürfte es solcher « Ermunterungen  » gar nicht. Der Jüngling hat nur eines im Sinn : nach London weiterzureisen, wohin seine schöne, scheue Freundin mit ihrer Familie emigriert ist. Da ihm alle Transportmittel verwehrt sind, beschliesst er kurzerhand, den Ärmelkanal schwimmend zu überqueren. Unterstützt wird er dabei vom Schwimmlehrer Simon, der dem jungen Kurden bald auch Unterschlupf gewährt.

Das von vornherein zum Scheitern verurteilte Vorhaben zeitigt für alle Beteiligten böse Folgen. Im professionellen Schwimmanzug schafft es Bilal bis kurz vor Dover, wird von den britischen Behörden aber postwendend zurückgeschickt – in einem Plasticsack. Ein Nachbar denunziert Simon wegen « Beihilfe zu illegalem Aufenthalt » ; der Schwimmlehrer bekommt nächtlichen Besuch von der Polizei und muss sich fortan täglich auf derWache melden. Die Hilfsorganisation endlich, in der Simons Ex-Frau Nahrung und Kleider an Migranten verteilt, gerät ins Fadenkreuz der Behörden, die, wie ein Polizist freimütig zugibt, seit Monaten « von oben » unter Druck gesetzt werden, den Aktivisten das Leben schwerzumachen.

« Welcome », der Titel des Films, verweist hintersinnig auf die Aufschrift, die der Fussabstreifer von Simons fremdenfeindlichem Nachbar trägt. Das Drehbuch wirkt mitunter etwas holzschnittartig. Doch werden die Figuren von fesselnd lebensechten Schauspielern verkörpert (allen voran Vincent Lindon als Simon) und stellt der Plot eine Frage, die jeden im Saal ansprechen mag : « Wie würde ich mich verhalten in einer Situation wie jener des Schwimmlehrers ? » In Frankreich muten derlei Gedankenspiele nicht einfach theoretisch an. Seit 2002, als Sarkozy Innenminister wurde, haben sich die Ausschaffungen fast verdreifacht. Heuer sollen es 27 000 sein – der Präsident fixiert das Plansoll jeweils am Jahresanfang.

Liefert « Welcome » Anschauungsmaterial zu Sarkozys Einwanderungspolitik, so reicht « Cette France-là », ein jüngst im Eigenverlag veröffentlichtes Kollektivwerk von 23 Gesellschaftswissenschaftern, Aktivisten aus Bürgerinitiativen und Journalisten, eine dichte Analyse nach. Ein ambitiöses Unternehmen : Die 450 eng bedruckten Seiten decken nur den Zeitraum zwischen Mai 2007 und Juni 2008 ab, bis zum Ende von Sarkozys Amtszeit 2012 sollen weitere Bände folgen. Die ersten drei Teile von « Cette France-là » bestehen aus achtzig Schilderungen der Odysseen von Sans-Papiers, aus einem detaillierten Inventar der Applikationen und Auswirkungen von Sarkozys Immigrationspolitik und aus 21 R´esum´es der Art und Weise, wie Regionalpräfekten diese Politik umsetzten. Der Tonfall eisiger Sachlichkeit, den die Autoren dabei pflegen, macht die Lektüre der schier endlosen Folge von geringen bis groben Verstössen gegen rechtsstaatliche und menschenrechtliche Grundsätze nur noch schockierender.

Am meisten Sprengkraft birgt der vierte und letzte Teil. Systematisch werden hier die vermeintlich rationalen Argumente widerlegt, auf die Sarkozy seine Immigrationspolitik abstützt. Mit Bezug auf Studien von Migrationsforschern und Ökonomen sowie der OECD, der Uno und des Statistischen Amts der EG entkräften die Autoren verbreitete Thesen wie jene, dass ohne Restriktionsmassnahmen die Invasion von Millionen von Afrikanern drohe, dass Sans-Papiers die Staatsfinanzen belasteten, die Arbeitslosigkeit verstärkten und Sozialdumping hervorriefen.

 Triumph des Willens

Fazit der Analyse : An ihren eigenen Zielvorgaben gemessen, halte Sarkozys Immigrationspolitik nicht, was sie verspreche. Die Ausschaffung von Sans-Papiers, die bereits in die Arbeitswelt integriert sind, sei ein Hindernis für die vom Präsidenten versprochene Wirtschaftsdynamisierung. Tatsächlich haben in jüngerer Zeit etliche Unternehmer gegen die forcierte Ausschaffungspolitik protestiert – auch aus Angst, bereits geformte Arbeitskräfte zu verlieren. Solcher Protest aus einem Lager, das naturgemäss eher rechts steht, ist präzedenzlos. Auch Sarkozys Unterscheidung zwischen einer passiv geduldeten und einer aktiv quasi handverlesenen Immigration (« immigration subie » bzw. « immigration choisie  ») sei kontraproduktiv. Immigranten würden sich sehr oft integrieren. Illusorisch sei es zudem, gut ausgebildete Arbeitskräfte ins Land holen zu wollen, ohne ihnen die Möglichkeit zu geben, sich dauerhaft zu etablieren und « unerwünschte » Familienmitglieder nachkommen zu lassen. Die sprichwörtlichen indischen Informatiker machen derzeit einen weiten Bogen um Frankreich.

Vielleicht, mutmassen die Autoren des Bandes, verfolge Sarkozys Immigrationspolitik aber einen ganz anderen Zweck. Der Präsident wolle vor allem das Vertrauen in die Handlungsfähigkeit der Classe politique wiederherstellen. Auf die Entwicklung von Kaufkraft oder Arbeitslosigkeit habe er wenig Zugriff. Machbar sei es hingegen, eine vorbestimmte Zahl von Sans-Papiers auszuschaffen. Thomas Hammarberg, der Menschenrechtskommissar des Europarats, schrieb im November in einem Bericht über Frankreich, das jährliche Plansoll werde offenbar so festgelegt, dass es erreichbar sei. Die Ausschaffungspolitik des Präsidenten, schlussfolgert « Cette France-la », wolle vordringlich zeigen, dass es möglich sei, eine selbst gesetzte Zielvorgabe zu erfüllen. Letztlich gehe es um nichts anderes als das : den Triumph des politischen Willens zu inszenieren.

Marc Zitzmann

3 avril 2009

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Lien L’humanité

Un ouvrage collectif et militant présente une contre-expertise de la politique menée par Nicolas Sarkozy depuis son élection en mai 2007 et analyse les transformations qu’elle provoque.

Cette France-là est d’abord un objet : un beau livre noir de 450 pages. Auto-édité par le collectif de journalistes, militants et universitaires qui avait imprimé les affiches « Cette France-là, vous l’aimez ? Vous pouvez la changer » pendant la campagne présidentielle de 2007, l’ouvrage livre une contre-expertise de la politique migratoire menée par Nicolas Sarkozy depuis son élection. Le premier volume, qui vient de sortir, couvre la période entre le 6 mai 2007 et le 30 juin 2008. Quatre autres volumes suivront pour décortiquer, année après année, les politiques mises en oeuvre durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

En quatre parties, Cette France-là dresse un réquisitoire minutieux. Le livre s’ouvre par quatre-vingts portraits de sans-papiers ayant fait l’objet d’une mesure d’éloignement, celle-ci n’ayant pas toujours été appliquée. Une deuxième partie s’efforce, dans de courts chapitres, de décrire les grands pans de la politique d’immigration actuelle : l’hospitalité selon Nicolas Sarkozy, les objectifs du ministre, les évaluations de la police, l’aménagement des zones d’attente, le « délit de solidarité », etc.

Pour mettre en exergue le renforcement de l’autorité préfectorale, une nouveauté de la présidence Sarkozy (cf. l’entretien avec l’une des auteurs, Emmanuelle Cosse), l’ouvrage dresse ensuite les portraits de vingt et un préfets. Tel Pierre de Bousquet de Florian, préfet des Hauts-de-Seine entre juillet 2007 et janvier 2009. Convoqué par Brice Hortefeux en septembre 2007 pour des performances laissant à désirer, cet ancien chef de la DST (services secrets) trouve la solution : dans une lettre interne, il demande à ses services de procéder à l’arrestation systématique des personnes en situation irrégulière qui se présenteront au guichet. Autre fonctionnaire zélé, Michel Gaudin, préfet de police de Paris, qui a mis en place un « tableau de bord stratégique » avec graphique hebdomadaire du nombre de reconduites à la frontière. Nicolas Sarkozy appelle cela « la culture du résultat »…

Enfin, une dernière partie s’interroge sur la cohérence de la politique migratoire française. À noter également, les annexes qui comprennent des documents rarement publiés, telle cette lettre du préfet de l’Oise condamnant les « opérations de parrainage » et menaçant leurs auteurs de poursuites judiciaire. Enfin, une dernière partie s’interroge sur la cohérence de la politique migratoire française. Très dense, ce véritable document constitue une mine d’informations pour qui s’intéresse au sujet. Sobre, son écriture ne vise pas à créer l’émotion ou l’indignation, mais à informer et analyser une politique qui se fait au nom de tous les citoyens. L’objectif des auteurs est clair : « inviter élus et électeurs à se demander si la politique menée par les premiers au nom des seconds mérite d’être soutenue, au risque d’en assumer la responsabilité historique ».

Marie Barbier

3 avril 2009

Sans-Papiers, Absurde politique

Sport et plein air

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Le sport ne peut être séparé de son contexte, ni de son histoire. Depuis toujours, les associations sportives accueillent les migrants qui viennent s’installer en France, leur offrant un espace convivial et socialisant. Une fédération comme la FSGT fut à ce titre un des acteurs majeurs de leur intégration, des juifs d’Europe de l’Est fuyant l’antisémitisme aux immigrés maghrébins en butte à la xénophobie. Aujourd’hui, le dramatique problème des sans-papiers interroge notre société. Un film comme "Welcome" pose ainsi avec gravité la question de la solidarité et de son prix dans le cadre de la politique actuelle. Nous avons demandé à Aurélie Windels, l’une des responsable du livre "Cette France-là" de nous donner son point de vue. Propos recueillis par Nicolas Kssis.

A lire :

PDF - 3.4 Mo

2 avril 2009

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CONTRE-EXPERTISE. A ministère exceptionnel, initiative exceptionnelle. L’ouvrage "Cette France-là" premier d’une série qui couvrira les cinq ans du mandat présidentiel, décrypte les douze premiers mois du ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement. Deux de ses auteurs, Michel feher, philosophe, et Emmanuelle Cosse, journaliste, en tirent un bilan sans concession.

Voir l’interview :

PDF - 6.3 Mo

2 avril 2009

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