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Un livre dresse le bilan d’une année de politiques migratoires sous l’ère Sarkozy. Cette France-là donne des arguments à tous les humanistes rêveurs pour contrer la nouvelle politique française. Entretien avec Caroline Izambert et Mathieu Potte-Bonneville.

Vous venez de publier Cette France-là, premier volume d’une somme consacrée aux politiques migratoires menées par le président Nicolas Sarkozy. Cela entérine-t-il l’idée de rupture ? Mathieu Potte-Bonneville. Au point de départ de cette entreprise, il y a la constitution du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. On a pris au mot le discours présidentiel autour de cet axe fort, central, du quinquennat en cours. Le regard sur la longue durée a tendance à effacer les ruptures. La politique actuelle en matière d’immigration prolonge des tendances, mais pas n’importe comment. On assiste à une série d’inflexions qui relèvent d’une cohérence d’ensemble. Notre pari n’est pas de dénoncer un discours doté d’un arrière-plan xénophobe qui courrait inchangé depuis très longtemps : cette politique ne se résume pas à cela.

Carole Izambert. La tentation intellectuelle logique, c’est de rapporter cette politique à quelque chose que l’on connaît déjà. Par exemple, en cherchant à savoir si l’on peut parler de « rafles » en matière d’arrestation d’étrangers ou si les centres de rétention sont plutôt comparables à des camps de regroupement de la Deuxième Guerre mondiale ou des années 1930. Ces questions sont légitimes. Mais nous avons choisi de partir des discours pour montrer que cette politique est un outil majeur aux mains du pouvoir actuel.

C’est aussi le lieu du volontarisme présidentiel… C.I. Oui, l’immigration est l’endroit privilégié de la mise en scène du volontarisme. Elle fait partie des rares domaines où l’on est à peu près sûr de pouvoir remplir ses objectifs. Lorsque le ministre annonce qu’il va reconduire 27 000 personnes à la frontière l’an prochain, il sait que c’est possible. Il pourra trouver des moyens même abracadabrantesques de le faire. C’est une réponse à des promesses de campagne pour quelqu’un qui a bâti tout son discours autour du « quand on veut, on peut ».

M.P.-B. C’est aussi un laboratoire du management par objectifs des personnels administratifs. D’un côté, on laisse une grande latitude aux agents de l’Etat, aux préfets en particulier, pour mettre en œuvre cette politique et développer de « bonnes pratiques » afin d’expulser le plus d’étrangers possible. D’un autre côté, on leur donne une feuille de route très claire accompagnée de possibilités de sanction. Quand il a été question de noter les ministres, on s’est demandé quels indicateurs d’évaluation pouvaient être trouvés pour le ministère de la Culture. Cette question ne se pose pas en matière de politique des étrangers, car c’est une machine à produire des chiffres.

Votre ouvrage intègre des portraits de préfets. Que disent-ils des rouages de cette politique ? C.I. Les préfets ont été déliés des contraintes de la loi. Avec la fin de l’automaticité de l’obtention de certaines titres de séjour, leur pouvoir d’appréciation, voire leur arbitraire, a été accru. Mais, par ailleurs, ils sont beaucoup plus encadrés car ils sont jugés au chiffre. Les préfets doivent faire preuve d’une inventivité administrative pour remplir leurs objectifs. On n’a pas fait ces portraits pour « se payer » les préfets, mais pour voir comment chacun réussit à appliquer cette politique. A des objectifs globaux, répondent des techniques locales.

Lesquelles ? C.I. Par exemple, renvoyer des ressortissants roumains ou bulgares alors qu’ils peuvent revenir dès le lendemain. Légalement, ils n’ont pas le droit au séjour, mais à la circulation. Cette technique assure du chiffre à perpétuité.

M.P.-B. Le préfet de Loire-Atlantique, Bernard Hagelsteen, est stigmatisé comme un mauvais élève car, n’ayant pas beaucoup d’immigrés en situation irrégulière sur son territoire, il n’en reconduit pas beaucoup. Du coup, il a recours à cette technique. Il existe d’autres solutions, comme le fait de rattacher des enfants à des parents qui ne sont pas les leurs. Les préfets ne sont pas simplement des exécutants.

Comment s’explique la faiblesse des résistances du côté des agents administratifs ? C.I. Les préfets n’ont jamais été la tête de pont de la contestation. De plus, ils ont gagné du pouvoir dans cette histoire. Or, quand un rouage de l’Etat gagne du pouvoir, c’est assez rare qu’il le conteste. Plus bas dans la hiérarchie, il y a les agents préfectoraux qui sont en contact avec les étrangers. Ceux qui sont susceptibles de se rebeller, car le dilemme moral est trop important, cherchent plutôt à partir pour d’autres administrations. Comme ces postes ne sont pas très prisés, la concurrence est moins forte. Du coup, ceux qui restent se retrouvent avec beaucoup plus de pouvoir qu’ils n’en auraient eu ailleurs. Cela crée de la docilité.

Pourquoi avoir ouvert le livre sur des portraits de sans-papiers ? M.P.-B. Lorsqu’on met en avant des cas singuliers, le gouvernement répond en invoquant une politique générale. Il renvoie chacun de ces cas à une émotion humaine bien compréhensible, mais peu en lien avec les nécessités de l’Etat. On voulait éviter de voir se rejouer cette alternative supposée entre le cœur et la raison, le singulier et le général, en tenant les deux bouts. Le discours politique actuel fonctionne à la fois sur l’abstraction du chiffre et sur le cas par cas, le « storytelling », l’histoire singulière. Un boxeur vient d’obtenir le droit de résider car c’est un héros. Brice Hortefeux, puis Eric Besson, qui refusent le principe d’une régularisation générale, revendiquent une attention extrême aux parcours individuels. Accumuler quatre-vingts récits de sans-papiers, ça permet de montrer que l’attention aux cas particuliers sert la plupart du temps à chercher la faille pour coincer les gens.

Ce livre est-il un outil politique ? C.I. Souvent, quand on est opposé à cette politique, on est renvoyé du côté de l’humaniste un peu rêveur. Nous avons voulu montrer la cohérence, mais aussi les fragilités de l’édifice. Le slogan de départ de notre association, c’était : « Cette France-là, vous l’aimez, vous pouvez la changer. » M.P.-B. Pour l’instant, le gouvernement a la main en termes d’idées simples et d’arguments de bon sens. Il a réussi à imposer sa norme, qui dépasse de loin l’idée qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde ». Les politiques migratoires prétendent avoir une justification économique, éthique, sociale, etc. Un travail de contre-discours était donc nécessaire.

Comment analysez-vous le silence du Parti socialiste ? M.P.-B. La gauche de gouvernement hésite à s’engager sur ce terrain de peur de paraître irrationnelle du point de vue économique et la gauche de la gauche ne l’investit qu’en prêtant à cette politique une rationalité qu’elle n’a pas. Dans les deux cas, cette politique est créditée d’une cohérence d’ordre économique, perçue par les uns comme une maximisation du profit sur le dos des travailleurs ou comme de la bonne gestion par les autres. En réalité, elle coûte excessivement cher, elle décourage des personnes qualifiées de s’installer en France, elle prétend remplacer les gens qui travaillent déjà ici par d’autres qui pourraient venir travailler mais qui ne le font pas.

Avez-vous déjà des retours d’élus ? M.P.-B. On ne peut pas attendre d’un livre qu’il renouvelle du jour au lendemain l’attitude de la gauche en matière d’immigration, mais on espère qu’il aura une présence de plus en plus insistante dans leurs bibliothèques. Il existe aussi des gens embarrassés à droite. Si la gauche affirme qu’elle agirait différemment si elle était au pouvoir, elle se dispense bien de préciser comment. On ne propose pas un programme clé en main, d’autant que les discours considérés comme partisans sur ces questions sont facilement disqualifiés, au prétexte qu’ils ne seraient que le reflet d’une idéologie. Donc prenons les choses autrement. Produisons du savoir et voyons ce que les politiques en feront. Propos recueillis par Marion Rousset

Paru dans Regards n°61, avril 2009

1er avril 2009

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Le 31 mars 2009, interview de Michel Feher dans La suite dans les idées par Sylvain Bourmeau sur France Culture

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France Culture, La suite dans les idées

31 mars 2009

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L’association « cette France-là », collectif de chercheurs, journalistes, associatifs, citoyens, a publié début mars un livre éponyme de plus de 400 pages, décryptant selon plusieurs axes la politique française d’immigration par l’intermédiaire de ses méthodes, de ses acteurs… et de ses victimes. Un constat édifiant, qui a le mérite de passer au-delà de l’indignation pour disséquer les ressorts de cette politique.

Les campagnes d’affichage pour lutter contre la politique sarkozyste d’immigration utilisaient toutes, parmi leurs différents procédés, une même méthode : ré-humaniser cette politique, en mettant sur les chiffres (« 26.000 reconduites à la frontière pour 2009 ») des noms, des histoires, des visages, des vécus.

C’est ce qu’a bien compris l’association « cette France-là », en ouvrant son livre par des Récits : histoires d’immigration avortées, de régularisations réussies, descriptions toujours étranges des dédales de l’administration, face auxquels Les douze travaux d’Astérix semblent un jeu d’enfant. Loin d’une utilisation primaire de l’émotion et d’un certain sentimentalisme, ces récits visent surtout à montrer les profonds écarts qui existent entre des lois, d’ores et déjà répressives mais laissant tout de même une certaine latitude possible pour la régularisation des étrangers présents sur le sol français, et les pratiques.

La seconde partie, Descriptions, particulièrement longue, s’attache à décrypter cette politique et ses pratiques. La thèse de fond du livre et de nombreux chercheurs travaillant sur l’immigration (voir par exemple cette interview de Michel Feher), c’est qu’au fond, au-delà des rationalités économiques qu’il met en avant, Sarkozy utilise ce domaine pour illustrer sa « prétendue qualité » préférée, celle d’un volontarisme. Il semble en effet plus aisé d’annoncer un certain nombre de reconduites à la frontière et de mettre en place tout un dispositif policier et répressif pour le satisfaire que d’annoncer une amélioration future de la situation économique, qui dépend de tout autres facteurs que de ses politiques uniquement (même si elles n’y sont évidemment pas étrangères).

La troisième partie, Récits 2, renverse la focale mise en place dans les premiers récits. Au lieu d’être tout en bas de l’échelle, au plus près des victimes de la politique d’immigration, elle se place en haut, au plus près des décisionnaires. Elle étudie l’attitude de plusieurs préfets qui ont tenu une position particulière face à cette politique d’immigration.

Enfin, la dernière partie, Interrogations, dresse des perspectives pour l’avenir. Le livre « cette France-là », sous titré « 06 05 2007 | 30 06 2008 » est le premier tome d’une série de cinq. A chaque tome, sur un rythme annuel, les constats des évolutions récentes des politiques d’immigration sous présidence Sarkozy seront établis. Un livre beau, passionnant, citoyen… nécessaire.

mardi 31 mars 2009, par Guillaume Daudin

31 mars 2009

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26 Mars 2009 Par POL

En exergue du livre d’Haruki Murakami, Après le tremblement de terre, que je suis entrain de lire, il y a une citation tirée d’un film de Jean-Luc Godard, Pierrot le Fou. Je m’étais toujours promis de prendre le DVD et de recopier le dialogue, et là c’est Murakami qui l’a fait pour moi :

Les informations à la radio : On déplore de nombreux morts du côté américain mais du côté Viêt-Cong également, cent quinze combattants ont été abattus.

La femme : C’est terrible, l’anonymat.

L’homme : Qu’est-ce que tu dis ?

La femme : On n’apprend rien quand on nous dit que cent quinze guérilleros sont morts. On ne sait rien d’eux. Avaient-ils des femmes des enfants ? Préféraient-ils le théâtre ou le cinéma ? On n’apprend rien du tout. La mort de cent quinze hommes au combat c’est tout.

Les concepteurs du livre cette France-là 1 06 05 2007 / 30 06 2008 ont parfaitement suivi les propos d’Anna Karina, il ne s’agit plus de donner les informations comme avant.

Je cite l’Introduction : La première partie de l’ouvrage, « Récits 1 », rapporte quatre-vingts histoire de personnes ayant fait l’objet d’une mesure d’éloignement.

(…) Page 53 John Maïna s’est pendu le 15 février 2008. On l’a retrouvé dans la chambre du foyer où il résidait, au bout d’une petite rue tranquille de Meudon, en banlieue parisienne. Il venait de recevoir le courrier l’informant du rejet définitif de sa demande d’asile par la Cour nationale du droit d’asile. Dans la lettre qu’il a laissée, John a simplement expliqué qu’il préférait en finir plutôt que retourner au Kenya, où la mort l’attendait de toute façon. (…)

Son histoire que vous devriez lire montre qu’il aurait dû obtenir le statut de réfugié politique.

Il pensait que la France lui accorderait sa protection, il a eu tort. Son suicide aura au moins eu le mérite de faire prendre conscience aux quelques personnes qui le côtoyaient de ce qui se passait dans leur pays. Dans un communiqué ses amis du club d’athlétisme expriment ainsi leur amertume et leur colère : « Nous n’acceptons pas qu’un garçon puisse, à l’orée de sa vie d’adulte, dans la patrie des droits de l’homme être confronté à une telle peur d’être expulsé qu’il ne voie d’autre solution que de se suicider. Nous n’acceptons pas que la France ; c’est-à-dire nous-mêmes, renonce à sa tradition de terre d’asile. Elle a ruiné l’espoir d’un jeune homme qui avait courageusement refusé l’oppression… Nous ne voulons pas que John Maïna soit mort pour rien ; » Avec d’autres, ils demandent que John obtienne le statut de réfugié politique à titre posthume et qu’ainsi et qu’ainsi la France reconnaisse sa faute.

Ce qui serait bien, c’est qu’un journaliste, Edwy Plenel, par exemple, s’il en avait l’occasion demande à Notre Président de notre République si oui ou non, John Maïna va obtenir ce statut.

(…) Plus loin dans l’Introduction : « Récits 2 » s’attache au travail accompli par vingt et un préfets : c’est que le renforcement de l’autorité préfectorale constitue un trait distinctif du changement voulu par le Président, et l’on peut ici en mesurer les effets dans la pratique.

On peut lire page 340 : Catherine Delmas-Comolli fait partie des préfets qui considèrent que le parrainage républicain constitue un délit d’aide au séjour irrégulier…

Catherine Delmas-Comolli est préfète des Ardennes… et il semble que la préfecture des Ardennes cherche à remplir ses propres objectifs. Je prends le cas de la famille Labani simplement parce que cela s’énonce en quelques mots et deux dates : la mère et ses deux enfants, trois ans et dix-huit mois, ont été expulsés vers l’Algérie le 10 octobre 2007, alors que leur dossier de recours était en instance. L’audience au tribunal administratif devait se tenir le 16 octobre.

Le respect du droit, je croyais que c’était partie du travail d’un serviteur de l’État.

Comme je suis naïf, je me demande toujours si tous ces gens-là dorment facilement ?

Cette France-là donne tous les arguments pour mettre en pièce le discours et la pratique à propos des sans-papiers, mais je ne résiste pas à l’envie de vous citer ce qui est écrit à la page 387.

En ce temps de crise financière, c’est assez comique !

Coût de la rétention administrative et des reconduites à la frontière, prévision pour 2008 : 91,9 millions d’euros.

Coût de garde et d’escortes : 334 millions d’euros.

Coût de construction des centres de rétention : 52, 5 millions d’euros.

Coût des interpellations et du contrôle de l’immigration : 811, 9 Millions d’euros.

C’est-à-dire 2,05 Milliards d’euros.

Et bien il faudra dire à notre Président de notre République qu’on a trouvé un moyen de financer des mesures de relance de la consommation en supprimant ce gaspillage-là.

(…)

La vocation de Cette France-là est double : pour l’avenir, contribuer à constituer le dossier des historiens qui ne manqueront pas d’étudier l’impact de la présidence de Nicolas Sarkozy sur l’état de la démocratie en France ; pour le présent, inviter élus et électeurs à se demander si la politique menée par les premiers au nom des seconds mérite d’être soutenue, au risque d’en assumer la responsabilité historique.

15 euros au prix coûtant, il faut lire et faire lire ce livre… Voilà un vrai livre d’information.

26 mars 2009

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Lien http://www.lesinrocks.com/actualite...

Comme deux mille fonctionnaires, parlementaires, élus, magistrats, le cabinet d’Eric Besson a reçu le premier volume de Cette France-là (6 mai 2007-30 juin 2008). Cet ouvrage collectif de contre-expertise a pour ambition de dresser un état des lieux annuel de la politique d’immigration choisie par le chef de l’Etat. Invité le 4 mars au Grand Journal de Canal+, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale ne semble guère au courant lorsque l’animateur Ali Baddou lui tend un exemplaire. “Le lendemain, son assistante a appelé pour en recevoir dix de plus”, raconte le philosophe Michel Feher, président du collectif à l’origine du projet. D’un coup, le ministre soupèse le sobre pavé noir et lance : “Je connais ces gens, ils sont pour la liberté de circulation des sans-papiers.” Cette simple phrase résume à elle seule le fondement de la politique que l’ancien socialiste a accepté de promouvoir : le mensonge. “Il n’y a rien dans ce livre qui défende cette position. Les Etats-nations ont le droit de réguler les flux migratoires. Toute la question est de savoir comment ils l’exercent”, rétorque Michel Feher au ministre. suite

24 mars 2009

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RUPTURE. Prendre au mot Nicolas Sarkozy, c’est ce qu’ont voulu faire les auteurs de Cette France-là, un collectif d’universitaires, militants associatifs et journalistes, en invitant tout un chacun à s’interroger sur la politique migratoire dont le président de la République s’est engagé à faire une clé de voûte de son mandat et l’incarnation de la " rupture " dont il se réclame.

Dépassant l’indignation, l’ouvrage, 450 pages très documentées, interroge, à partir des faits et des discours, la cohérence de la politique menée, ses logiques et ses ambitions. Son mérite est d’inviter à dépasser le simple procès d’intention pour analyser les véritables ressorts de la politique voulue par le président de la République, et ce faisant du sarkozysme.

Tout en soutenant que la France, dans l’incapacité d’accueillir toute la misère du monde, doit se prémunir de tout afflux massif d’étrangers, le président se félicite d’avoir rompu avec l’hypothèse irréaliste de l’immigration zéro. Pour autant, la France, soutient-il, doit " retrouver la maîtrise de ses flux migratoires " en " passant d’une immigration subie à une immigration choisie ". Qu’il s’agisse du pragmatisme économique, de la prévoyance démographique, du souci de l’intégration, du développement solidaire ou encore du respect de l’Etat de droit, les justifications alléguées ne résistent pas à l’analyse de la réalité, selon les auteurs. Les immigrés choisis ont, de fait, la même propension à vivre en famille. Et les immigrés venus par le biais de l’immigration familiale ne travaillent pas moins que les autres. Sans compter que l’action de l’Etat à l’encontre des immigrés subis risque de dissuader les immigrés choisis de venir en France. Et ce faisant d’empêcher l’immigration d’être un remède partiel à la crise démographique, un des objectifs de M. Sarkozy.

C’est en fait ailleurs que se trouve être la rationalité de la rupture proclamée, poursuivent les auteurs de Cette France-là. Le président s’est donné, on le sait, pour objectif de réhabiliter l’action publique. Or dans la lutte contre l’immigration subie, M. Sarkozy a trouvé un domaine où donner corps à son volontarisme, en fixant des objectifs de reconduites à la frontière, qu’il demande à l’administration de tenir. Combien de temps un tel mode de gouvernement, fondé sur la " culture du résultat ", indépendamment des implications économiques et sociales, peut-il tenir ? Les auteurs de Cette France-là renvoient le citoyen à ses responsabilités.

Laetitia Van Eeckhout

19 mars 2009

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Interview de Michel Feher sur Berbère TV.

Flash - 391 octets
Berbère TV : magazine J-7

13 mars 2009

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Documents Annales de l’ignoble [PDF - 173.8 ko]

Réalisé par l’association homonyme regroupant des chercheurs, des enseignants ou des militants associatifs, le premier volume de "Cette France-là" recense et analyse dans les moindres détails les effets de la politique française d’immigration depuis le jour de l’élection de Nicolas Sarkozy.

Les élus, ministres, parlementaires, magistrats et fonctionnaires qui recevront le premier opus de Cette France-là iront-ils jusqu’au bout de leur lecture ? Oseront-ils seulement parcourir cette recension détaillée des effets de la politique de l’immigration qu’ils ont fait adopter ou mettent en oeuvre ? Et si oui, comment se regarderont-ils ensuite, le matin en se rasant ? C’est une des questions que certains lecteurs ne manqueront pas de se poser au fil des pages de ce gros (et beau) livre relatant « cette France-là, la France qui prend forme depuis le 6 mai 2007 », c’est-à dire depuis l’arrivée à l’Élysée de celui qui s’est « engagé à faire de la politique d’immigration et de l’identité nationale une clé de voûte de son mandat ». Près de deux mille de ces responsables politiques ou administratifs devaient en effet recevoir gracieusement l’ouvrage la semaine dernière, en espérant qu’ils ou elles se demandent si cette politique menée par la France « mérite d’être soutenue, au risque d’en assumer la responsabilité historique ». C’est donc aussi pour l’histoire que les chercheurs, juristes, militants associatifs, philosophes ou journalistes réunis dans l’association Cette France-là (qui était en 2007 intervenue dans la campagne présidentielle par une série d’affiches avec la photo d’une personne expulsée sous-titrée « cette France-là, vous l’aimez ? Vous pouvez la changer ») ont choisi de produire ce recueil de « contre-expertise », mobilisant les « savoirs et savoir-faire des sciences sociales, du journalisme et du travail associatif pour dresser un état des lieux annuel de la politique d’immigration ».

[…]

Olivier Doubre

La suite de l’article est disponible dans le fichier pdf

12 mars 2009

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