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Documents L’Humanité Dimanche, « Politique d’immigration : il est temps de rendre des comptes » [PDF - 307.1 ko]

L’Humanité Dimanche du 15-21 avril a publié un point de vue d’Éric Fassin et de Michel Feher, membres de Cette France-là.

Éric Besson prépare une nouvelle loi, la cinquième en 7 ans, pour durcir la politique d’immigration. Ce gouvernement prône la culture du résultat ? Des élus de tous bords ont alors lancé, avec l’association Cette France-là, une évaluation de cette politique. Que pourrait-elle révéler de si gênant ? Éric Besson a en tout cas annoncé deux jours plus tard qu’il finançait son propre rapport.

L’échec du « grand débat » sur l’identité nationale, qu’est venu confirmer le désaveu de la majorité gouvernementale aux élections régionales, n’y change rien : loin d’être infléchie, la politique d’immigration continue de se durcir avec un nouveau projet de loi visant à réformer le Code d’entrée et de séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). Il est vrai qu’à défaut de croissance ou de pouvoir d’achat, d’environnement ou de diversité, l’immigration reste la clé de voûte du régime actuel. Cette cinquième loi en sept ans appelle toutefois à s’interroger : s’il faut au gouvernement vingt fois sur le métier remettre son ouvrage, ne convient-il pas désormais de demander des comptes à la politique d’immigration ?

Nicolas Sarkozy se veut le champion de la « culture du résultat » ; le moment est donc venu d’évaluer cette culture à l’aune de ses résultats. Au lieu d’accepter les choix actuels comme des évidences incontournables, il est temps de soumettre à la question les objectifs de la politique menée dans le cadre du ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Développement solidaire, non seulement en termes de principes, mais surtout au nom de l’efficacité et du pragmatisme, valeurs partagées au-delà des clivages politiques : c’est le principe d’un audit.

Il s’agit en effet de remettre en cause une évidence trompeuse : c’est d’ordinaire au nom des droits de l’homme, ou tout simplement de l’humanité, qu’on s’oppose à la politique aujourd’hui menée à l’encontre des immigrés. On la récuse parce qu’elle est insupportable. Le risque, c’est d’accréditer l’idée qu’à cette logique du coeur s’opposerait une Realpolitik fondée en raison. Or il est temps d’interroger ce réalisme supposé : pour être inhumaine, la politique d’immigration est-elle rationnelle ? Cet audit de la politique d’immigration, lancé cette initiative incite le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, au moment de donner un nouvel élan à sa fuite en avant législative, à renouer avec l’exigence d’évaluation dont il avait la responsabilité au sein du gouvernement avant d’occuper ses fonctions actuelles.

Il convient toutefois de s’interroger sur le recours annoncé, pour ce « rapport officiel », à un « cabinet indépendant » : la crise économique ne nous a-t-elle pas appris que la plus grande vigilance est requise face à des agences de notation financées par ceux-là mêmes qu’elles évaluent ? Cette indépendance revendiquée paraît d’autant moins assurée que le ministre affirme déjà connaître les conclusions du rapport qu’il commande aujourd’hui. Il l’annonce en effet : « On verra que l’immigration irrégulière coûte cher mais pas dans le sens qui est dit. » Ainsi, loin de reprendre les chiffres officiels de la Cour des comptes, qui évalue à plus de 20 000 euros le coût d’une expulsion, le gouvernement s’appuie pour le projet de loi de finances 2010 sur une estimation près de quinze fois moins importante !

En fait, plutôt que de s’interroger seulement sur les coûts (et donc aussi sur les bénéfices) de l’immigration irrégulière, il semble urgent d’évaluer l’ensemble de cette politique : sa pertinence au regard des perspectives démographiques, son impact sur les finances publiques, la croissance et la situation de l’emploi, ses effets sur l’intégration des étrangers en situation régulière, son incidence sur le développement des pays d’émigration et le bien-fondé de l’opposition qu’elle dresse entre immigration « choisie » et immigration « subie ».

Enfin, on regrette que le ministre préfère financer un rapport privé, plutôt que de s’appuyer sur l’audit lancé par des représentants du peuple, alors même que ceux-ci, du PS à l’UMP, en passant par Europe Écologie le PC, le PG et le Modem, choisissent de dépasser les clivages partisans. Il serait dans l’intérêt de notre démocratie que le pouvoir exécutif, au moment de soumettre un projet de loi au Parlement, prête davantage attention aux élus qui ont vocation à voter les lois. En tout cas, comme les élus qui participent à l’audit, l’association Cette France-là est pour sa part désireuse d’entendre le ministre lors des auditions qui auront lieu jusqu’à fin 2010 : l’invitation est lancée.

5 mai 2010

Des élus lancent un audit de la politique d’immigration
Quand ? Le 6 avril 2010 10:00 11:30
Où ? 5è bureau : Assemblée nationale

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L’échec du « grand débat » sur l’identité nationale, qu’est venu confirmer le désaveu de la majorité gouvernementale aux élections régionales, n’y change rien : loin d’être infléchie, la politique d’immigration menée sous l’égide du président de la République continue de se durcir avec un nouveau projet de loi visant à réformer le Code d’entrée et de séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Cette cinquième loi en sept ans appelle à s’interroger : s’il faut au gouvernement vingt fois sur le métier remettre son ouvrage, ne convient-il pas désormais de demander des comptes à la politique d’immigration ?

Nicolas Sarkozy se veut le champion de la « culture du résultat » ; le moment est donc venu d’évaluer cette culture à l’aune de ses résultats. Au lieu d’accepter les choix actuels comme des évidences incontournables, il est temps de soumettre à la question les objectifs de la politique menée dans le cadre du ministère de l’immigration, de l’identité nationale, de l’intégration et du co-développement, non seulement en termes de principes, mais surtout au nom de l’efficacité et du pragmatisme, valeurs partagées au-delà des clivages politiques.

Le 6 avril 2010 à 10h, une conférence de presse à l’Assemblée nationale annoncera un audit de la politique d’immigration à l’initiative de députés de gauche (Martine Billard, Parti de gauche ; Noël Mamère, Verts ; et Sandrine Mazetier, Parti socialiste), impliquant des élus de sensibilités diverses. Parmi les premiers membres de cette commission figurent les députés Serge Blisko, Daniel Goldberg, George Pau-Langevin (PS) et Étienne Pinte (UMP) ; le sénateur Richard Yung (PS) ; les députés européens Jean-Luc Bennahmias (Modem), Hélène Flautre et Eva Joly (Europe écologie).

Déjà disponibles, les rapports de la Cour des comptes, du PNUD, de la Banque mondiale, de l’OCDE et de l’Union européenne, font l’objet d’un examen systématique de la part des auteurs des deux premiers volumes de Cette France-là (volume 1, volume 2), qui appuient cette démarche. L’audition publique de responsables politiques, de hauts fonctionnaires, de syndicalistes, de représentants du patronat, de militants associatifs et de chercheurs, et le rapport qui en résultera, permettront de bien apprécier ce qui fait problème — l’immigration elle-même, comme l’affirme de longue date le Front national, ou bien la politique qui la prend pour cible ?

5 avril 2010

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Auteur Éric Fassin, Martine Billard, Michel Feher, Noël Mamère, Sandrine Mazetier

Lien Le Monde, 1er avril 2010, « Pour un audit général de la politique d’immigration »

Le Monde du 1er avril 2010 publiait une tribune de Martine Billard, Éric Fassin, Michel Feher, Noël Mamère et Sandrine Mazetier.

L’environnement, « ça commence à bien faire ! ». Les lendemains d’élections régionales ont confirmé le changement de cap du président de la République, déjà rendu public le 6 mars à l’occasion du Salon de l’agriculture. Et ce n’est pas tout. De la même manière, Nicolas Sarkozy semble dire : l’ouverture, « ça commence à bien faire ! ». En effet, sur ce point, il a entendu la grogne de l’UMP. En revanche, qu’en est-il de la politique d’immigration ?

Nul ne conteste (sauf peut-être Éric Besson) que le « grand débat » sur l’identité nationale a desservi la majorité gouvernementale, sur sa gauche bien sûr, mais aussi sur sa droite, au bénéfice du Front national. Pourtant, nul revirement en vue au ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Le durcissement annoncé du code d’entrée et de séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) semble encore à l’ordre du jour ; et le chef de l’État continue de miser sur la burqa pour regagner la confiance des Français. Bref, on n’est pas prêt d’entendre Nicolas Sarkozy déclarer : la politique d’immigration et d’identité nationale, « ça commence à bien faire ! ».

Il y a là un paradoxe. Il en allait jusqu’à présent de l’immigration comme de l’insécurité : la fermeté affichée était présentée comme une réponse aux attentes de l’électorat. Aussi pouvait-on la soupçonner de démagogie. Pourtant, aujourd’hui, la politique d’immigration n’apparaît plus si « populaire », au double sens du mot. Or, loin d’y renoncer, on la poursuit, voire on l’aggrave. Comment comprendre une telle fuite en avant ?

L’obstination de Nicolas Sarkozy et de ses collaborateurs procède sans doute moins d’un parti pris idéologique que d’une forme de désarroi : à défaut d’importer réellement une immigration « choisie », transformer l’immigration légale en immigration « subie » pour ensuite s’employer à en délivrer les Français, c’est l’un des seuls réconforts que nos gouvernants semblent encore capables de prodiguer à leur électorat. Par conséquent, même lorsque la demande baisse, faute d’alternative, l’offre demeure.

Si l’action reste la même, c’est la rhétorique qui change. La politique d’immigration ne devient-elle pas comme la rigueur, en matière économique ? On nous explique en effet qu’elle serait un mal nécessaire — sans doute impopulaire, mais inévitable. Avec un tel renversement, ce sont les adversaires de cette politique qu’on taxe de démagogie : au lieu de se plier aux exigences de la raison, ils céderaient aux facilités du cœur.

Ainsi, tantôt la politique d’immigration aujourd’hui menée sous l’égide du président de la République est justifiée par la volonté d’écouter la voix du peuple, et tantôt à l’inverse par le courage de résister à l’opinion. Il ne suffit pourtant pas qu’une politique soit impopulaire pour s’avérer raisonnable, de même qu’il ne suffit pas qu’elle soit inhumaine pour se révéler rationnelle. Et puisque Nicolas Sarkozy se veut le champion de la « culture du résultat », le moment est venu d’évaluer cette culture à l’aune de ses résultats.

Ne l’oublions pas : avant d’occuper ses fonctions actuelles, Éric Besson était responsable de l’évaluation des politiques menées par ses collègues du gouvernement. Il est donc temps de retourner l’évaluation, en engageant un audit de la politique d’immigration extérieur au gouvernement qui la conduit.

On ne saurait en effet se contenter d’afficher que les objectifs annuels d’expulsions ont été atteints — pas plus qu’il n’eût fallu se satisfaire des rendements fièrement affichés naguère par Bernard Madoff. De cette politique, il est essentiel d’interroger les objectifs eux-mêmes. Pour ne prendre qu’un exemple, comment le débat sur les retraites qui s’engage cette année pourrait-il faire l’économie d’une réflexion sur la contribution d’immigrés qui sont d’abord des cotisants ? Il convient donc de soumettre les évidences qui sous-tendent aujourd’hui la politique d’immigration et d’identité nationale à cinq questions préalables.

  1. Est-il vrai que la France, et plus généralement l’Europe, s’exposent à accueillir toute la misère du monde si elles relâchent leur politique actuelle de maîtrise des flux migratoires ?
  2. Est-il vrai que les immigrés coûtent cher à la France - soit parce qu’ils pèsent sur le budget de l’État, soit parce qu’ils affectent négativement l’emploi et les salaires ?
  3. Est-il vrai, comme le gouvernement l’affirme, que l’intransigeance à l’encontre des sans-papiers favorise l’intégration des migrants en situation régulière et la lutte contre les discriminations raciales ?
  4. Est-il vrai que la politique française de rétention, de reconduites à la frontière, d’asile et d’immigration familiale participe de la « démocratie irréprochable » que le président de la République prétend instaurer ?
  5. Est-il vrai que le « développement solidaire » a vocation à se substituer avantageusement à l’immigration ?

Certains éléments de réponse à ces questions figurent dans les rapports de la Cour des comptes, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de la Banque mondiale, de l’OCDE et de l’Union européenne. Il convient toutefois que des élus de la nation s’en emparent à leur tour afin de les soumettre à une véritable évaluation. L’audition publique de responsables politiques, de hauts fonctionnaires, de syndicalistes, de représentants du patronat, de militants associatifs et de chercheurs, et le rapport qui en résultera, devraient en effet permettre de bien apprécier ce qui fait problème — l’immigration elle-même, comme l’affirme de longue date le FN, ou bien la politique qui la prend pour cible ?

Texte signé par Martine Billard, députée Parti de gauche de Paris ; Éric Fassin, sociologue, membre de l’association Cette France-là ; Noël Mamère, député Verts de Gironde ; Sandrine Mazetier, députée PS de Paris ; Michel Feher, philosophe, président de l’association Cette France-là.

5 avril 2010

Plein droit n°83 - "Codéveloppement : un marché de dupes"

Une politique aux antipodes du discours

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Auteur Aurélie Windels, Michel Feher

Lien Une politique aux antipodes du discours

Telle qu’elle est présentée par le ministère de l’immigration, la politique de développement solidaire de la France apparaît comme une idée ambitieuse, généreuse, irréprochable, répondant « à un triple intérêt : l’intérêt du migrant, l’intérêt du pays de destination et l’intérêt du pays d’origine ». Cependant, à y regarder de plus près, ce dispositif présente un certain nombre de faiblesses voire même de contradictions qui conduisent à s’interroger sur les intentions réelles de ses auteurs.

« Pendant trop longtemps, notre pays a pris des décisions unilatérales en matière migratoire, avec le succès que l’on connaît. » Tel était le constat, ironique, que formulait Brice Hortefeux, alors ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, dans son discours du 19 juin 2008, prononcé à l’occasion du premier anniversaire de son ministère. Trois mois plutôt, ledit ministère avait partiellement modifié ses attributions, le codéveloppement cédant la place au concept censément plus inclusif de « développement solidaire ».

Selon Brice Hortefeux, en effet, le codéveloppement se soucie « exclusivement [du] soutien aux initiatives des migrants en faveur de leur pays d’origine [1] », alors que le développement solidaire vise « l’ensemble des actions de développement susceptibles de contribuer à la maîtrise des flux migratoires [2]. » Au-delà de leurs ressortissants, ce sont donc les gouvernements des pays d’émigration qu’il s’agit désormais de soutenir. Fort de cet exercice d’explication, le ministre pouvait alors se féliciter du caractère ambitieux de la politique de coopération dont il avait la charge.

Les devoirs constitutifs de la concertation dont se réclame le ministère du développement solidaire sont principalement de trois ordres. Premièrement, comme le soulignait Brice Hortefeux, il importe de ne « pas piller les élites ou la main-d’œuvre de pays qui en ont besoin [3] . » Autrement dit, même si la France a indéniablement intérêt à accueillir de nombreux travailleurs étrangers hautement qualifiés, il lui incombe de ne pas dépouiller les pays émergents et en développement des ressources humaines qui sont indispensables à leur essor.

Deuxièmement, pour que les cerveaux, les talents et plus généralement les bras du Sud ne soient pas contraints de s’expatrier, faute d’opportunités dans leurs contrées d’origine, une politique de solidarité doit veiller à favoriser le développement économique de ces contrées. Il s’agit donc de contribuer à l’offre d’emploi dans les pays d’émigration – en encourageant les investissements directs de capitaux français privés et en engageant les deniers de l’État dans des projets d’utilité publique – et, ce faisant, de substituer au moins partiellement l’échange des biens et services à l’expatriation des personnes.

Enfin, troisièmement, le développement solidaire comprend aussi une dimension de réciprocité symbolique. Il est en effet essentiel que, tout en aidant matériellement des nations moins favorisées qu’elle, la France ne se conduise pas comme un donateur condescendant. Autrement dit, il lui revient de prêter autant d’attention à la dignité de ses partenaires qu’à leur prospérité. Or, à cet égard, il n’est pas de meilleure preuve de respect envers un donataire que celle qui consiste à lui signifier que l’on a également besoin de lui. Par conséquent, en sollicitant le soutien des États du Sud dans son projet de lutte contre l’immigration subie, le gouvernement français ne se donnerait pas seulement les meilleures chances d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés dans ce domaine : il substituerait en outre à une relation d’assistance unilatérale quelque peu humiliante un rapport d’entraide fondé sur le besoin mutuel et la responsabilité partagée. Ainsi, la signature d’accords de gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire [4] (voir article p. 16) concrétise, selon le ministère, le « partenariat global » entre les pays d’émigration et la France, et s’inscrit dans une « démarche gagnant–gagnant [5]. »

Refuser le pillage des compétences et talents, aider les pays d’émigration à offrir davantage d’opportunités à leurs ressortissants et enfin traiter les gouvernements du Sud comme les partenaires d’un échange équitable et valorisant pour toutes les parties : tels sont les trois mots d’ordre sur lesquels repose le développement solidaire. Quant à leur application, elle passe respectivement par la promotion d’une immigration de travail qui privilégie les titres de séjour à durée limitée – de manière à ne pas priver trop longtemps les pays d’origine de leurs forces vives –, par des aides apportées à la fois aux investissements français à l’étranger et aux étrangers qui acceptent de quitter la France pour rentrer volontairement chez eux – ainsi Brice Hortefeux remettait le 3 juillet 2008 les tout premiers « prix du codéveloppement », ainsi qu’un chèque de 3000 euros, à de jeunes diplômés « qui font le pari du retour au pays » –, et enfin par un conditionnement de l’assistance économique de l’État français aux efforts que déploient ses partenaires pour limiter l’émigration de leurs ressortissants.

Telle qu’elle est présentée par le ministère, la politique de développement solidaire de la France apparaît donc comme une idée ambitieuse, généreuse, irréprochable. Cependant, à y regarder de plus près, ce dispositif présente un certain nombre de faiblesses. La première d’entre elles concerne la « fuite des cerveaux », dont le ministère de l’immigration veut préserver les pays d’émigration. On sait, grâce aux travaux de nombreux économistes que, contrairement à l’idée largement répandue, c’est loin d’être « toute la misère du monde » qui fait le choix de migrer vers les pays occidentaux. Au contraire, les nations qui sont à la fois les moins riches et les moins peuplées sont celles où le taux d’expatriation des « cerveaux » est le plus élevé. Cette double corrélation, qui s’explique aisément par le peu d’opportunités que les marchés intérieurs des petits pays pauvres offrent aux travailleurs hautement qualifiés, sert d’ordinaire à conforter les ardents défenseurs de la maîtrise des flux migratoires dans leur conviction que la fermeté qu’ils préconisent protège les sociétés les moins développées de l’hémorragie de leurs forces vives.

Il reste pourtant que le développement économique qui inciterait les « cerveaux » des pays d’émigration à demeurer chez eux est un processus relevant de la longue durée, alors que la décision d’émigrer s’inscrit quant à elle dans le court terme et offre les meilleures chances aux migrants d’améliorer leur condition matérielle. Par conséquent, les promesses d’aide à l’essor économique des « pays source d’immigration » inhérentes à la politique de développement solidaire n’ont aucune incidence sur les raisonnements et la volonté de partir des migrants potentiels. Elles en ont même d’autant moins que les dirigeants occidentaux qui affichent hautement leur refus de piller les ressources humaines du Sud sont également de chauds partisans d’une immigration sélective qui a pour effet d’augmenter encore le quotient des qualifiés dans les diasporas des nations les plus pauvres.

La deuxième faiblesse dont souffre le dispositif du développement solidaire renvoie à l’appui qu’il prend sur une théorie désormais jugée largement obsolète, celle de la substituabilité entre commerce international et migrations. Longtemps dominante, cette perspective suppose à la fois que le développement des échanges internationaux pousse les pays qui y prennent part à se spécialiser en fonction de leurs avantages comparatifs, que la spécialisation des partenaires de l’échange stimule à la fois l’offre d’emploi et la croissance chez chacun d’eux, et que la prospérité ainsi générée offre aux travailleurs des régions les moins favorisées d’autres options que l’expatriation. Ce dernier aspect du raisonnement repose sur une prémisse supplémentaire, à savoir que la décision d’émigrer procède d’une estimation subjective mais rationnelle de l’écart entre les revenus escomptés dans les pays d’accueil et d’origine.

C’est donc en vertu de cette substituabilité supposée que le gouvernement français soutient qu’en favorisant les investissements français, directs et indirects, chez ses partenaires du Sud, il œuvre simultanément à leur essor économique et à la diminution de l’immigration subie en France. Toutefois, cette théorie est largement remise en cause par les économistes spécialisés dans le développement. Ils constatent d’abord que la propension à l’expatriation dépend souvent moins de l’écart entre les revenus escomptés à l’étranger et dans le pays d’origine que de la répartition des richesses à l’intérieur de la société de départ. Dans la mesure où les migrants potentiels ne figurent généralement pas parmi les couches les plus défavorisées de la population, ce n’est donc pas tant le dénuement dans lequel ils se trouveraient déjà qui va les déterminer à tenter leur chance ailleurs, mais plutôt la crainte d’un déclassement ou d’un appauvrissement causé par le creusement des inégalités dans leur pays.

Or, telle est bien l’incidence initiale de la libéralisation du commerce international sur les pays émergents et en développement, en particulier lorsque cette ouverture s’étend à la circulation des capitaux : la spécialisation induit une concentration de la richesse dans les branches exportatrices, une contraction corrélative du marché intérieur et un important chômage dans les secteurs où les importations remplacent la production domestique. En outre, la suppression des tarifs douaniers prive les gouvernements d’une bonne part de leurs recettes, ce qui se traduit aussitôt par une nette diminution des budgets sociaux.

Complémentarité

Contrairement aux proclamations de Brice Hortefeux et de son successeur, Eric Besson, l’intensification des échanges de biens et services entre la France et ses partenaires du Sud est loin d’offrir des solutions de substitution aux candidats à l’expatriation : au moins dans un premier temps, elle ne peut au contraire manquer d’attiser leur désir d’émigration. D’autant que le développement des relations économiques améliore la qualité et diminue les coûts des moyens de communication et de déplacement entre le Nord et le Sud, et rend ainsi le projet d’émigrer plus abordable.

Le constat de la complémentarité – plutôt que de la substituabilité – entre la propension à émigrer des personnes originaires du Sud et l’ouverture de leurs frontières aux marchandises et aux capitaux venus du Nord n’est pas destiné à déboucher sur un éloge du protectionnisme ou un appel à cesser toute aide au développement. Il demeure en effet parfaitement concevable qu’à terme, et sous réserve d’une régulation plus ferme et plus équitable, la globalisation des échanges favorise l’essor des régions qu’elle soumet aujourd’hui à de terribles tensions sociales. En revanche, il est manifeste qu’aucun rééquilibrage ne pourra se produire en faveur des pays du Sud aussi longtemps que l’émigration de leurs ressortissants vers les pays du Nord ne sera pas traitée comme l’indispensable complément du commerce international et de l’aide au développement..

Enfin, la troisième faiblesse du développement solidaire tel qu’il est défini par le gouvernement français témoigne elle aussi d’une formidable méconnaissance des corrélations entre la circulation des richesses et les migrations humaines. Un paramètre semble être en effet négligé dans ce dispositif, à savoir l’importance, et la constante croissance, des fonds que les migrants renvoient vers leurs pays d’origine, ainsi que l’impact qu’ils ont sur le développement économique des régions destinataires. La Banque mondiale estimait le montant total des transferts de fonds vers les pays en développement, pour l’année 2008, à environ 328 milliards de dollars, soit plus d’un triplement du volume depuis 1995. Dans les pays aux économies les plus réduites, tels la Moldavie, les îles Tonga, le Lesotho ou le Honduras, les envois de fonds représentent un taux supérieur à 25 % du PIB. Ils atteignent même les 45 % de ce dernier pour le Tadjikistan. Les transferts de fonds pèsent désormais autant que les investissements étrangers dans l’économie des pays d’émigration, et bien davantage que l’aide publique au développement prodiguée par les pays du Nord.

L’économiste El Mouhoub Mouhoud insiste sur un paradoxe : alors que la mondialisation marginalise les pays en développement – dans la mesure où le commerce international, les flux de capitaux et les transferts de technologies leur sont tous défavorables –, seul le phénomène migratoire, soit le type de circulation qui est de loin le moins libéralisé, contribue à les insérer dans l’économie mondiale. Cela apparaît plus clairement encore dans le contexte actuel de crise économique. En effet, si la Banque mondiale prévoit bien une baisse de 7,3 % des transferts de fonds pour l’année 2009 – ce qui n’était jamais arrivé au cours des vingt dernières années –, elle précise aussitôt que cette diminution est minime et « bien inférieure à celle des investissements privés vers les pays en développement [6]. » Les transferts de fonds comptent ainsi parmi les flux financiers qui résistent le mieux à la crise. Le principal facteur pouvant affecter de manière négative ces transferts serait, comme le souligne Hans Timmer, directeur du groupe Perspectives du développement de la Banque mondiale, un « renforcement des restrictions à l’immigration dans les principaux pays de destination » dû à l’augmentation du chômage. Bien plus, Timmer souligne que cet éventuel durcissement des politiques d’immigration pourrait « tout comme le protectionnisme commercial, ralentir le redressement économique mondial ».

La relative stabilité de la manne financière que les migrants renvoient dans leurs pays d’origine est d’autant plus remarquable que, dans un monde où il demeure largement impossible de taxer les mouvements de capitaux, pour leur part, les transferts de fonds peuvent être « imposés » jusqu’à hauteur de 20 %, notamment par Western Union et, dans une moindre mesure, MoneyGram, leurs principaux vecteurs officiels. Sans doute ne suffirait-il pas d’aligner les conditions de circulation de ces transferts sur celles qui régissent les marchés financiers pour assurer le développement des pays du Sud. Les fonds rapatriés par les migrants représentent en outre un certain nombre de problèmes spécifiques relatifs à leur répartition et leur allocation. Il ne reste pas moins que, sans relever du remède miracle, ils contribuent indéniablement à réduire la pauvreté dans les milieux qui en bénéficient. Ils présentent en outre l’avantage, comme on l’a vu, d’une certaine stabilité par rapport aux autres types de flux financiers, ainsi que celui de produire des effets contra-cycliques, au sens où les expatriés tendent à envoyer davantage d’argent à leurs proches lorsque la situation économique de leur pays d’origine se dégrade.

Faire régresser le genre humain

Force est par conséquent de reconnaître qu’un État du Nord réellement préoccupé de favoriser, dans la concertation, le développement de ses partenaires du Sud serait bien inspiré d’articuler tant les aides publiques qu’il leur apporte que les investissements privés dont il s’efforce de les faire bénéficier aux transferts de fonds qu’envoient leurs ressortissants présents sur son sol. Or, pour sa part, le gouvernement français s’ingénie à faire exactement le contraire. Le développement solidaire du ministère qui en a la charge consiste en effet à conditionner le soutien économique de la France aux efforts déployés par les gouvernements des pays d’émigration en vue de dissuader leurs ressortissants de se rendre sur le territoire français. La délivrance de laissez-passer permettant la réadmission des éloignés et la fixation de quotas de travailleurs destinés à s’installer temporairement sur le territoire français figurent en bonne place parmi les engagements exigés par la France en contrepartie de son assistance économique. Qu’une pareille politique ne réponde pas aux intérêts économiques des pays avec lesquels le ministère de l’immigration français signe des accords de gestion concertée des flux migratoires est une évidence. L’obstination de ses concepteurs à favoriser ce qu’ils condamnent, à entraver ce qu’ils prétendent souhaiter et à tenir pour substituable ce qui est complémentaire engage même à s’interroger sur la nature de leurs intentions.

Le 3 septembre 2009, lors d’une conférence de presse intitulée « Huit mois au service du pacte républicain », Eric Besson déclarait : « Les migrations sont un facteur de progrès pour l’humanité si elles répondent à un triple intérêt : l’intérêt du migrant, l’intérêt du pays de destination et l’intérêt du pays d’origine ». Dans la mesure où elle ne sert ni ses hôtes, ni ses partenaires, ni la prospérité de son pays, force est d’admettre que la politique d’immigration mise en œuvre par le ministère qu’il dirige contribue quant à elle à une régression du genre humain.

[1]Discours de Brice Hortefeux à la presse, 13 janvier 2009.

[2]L’essentiel sur le développement solidaire – Favoriser le développement solidaire avec les pays source d’immigration, livret édité par le ministère de l’immigration.

[3]Discours de Brice Hortefeux à la presse, 19 juin 2008.

[4]Au 15 octobre 2009, neuf accords étaient signés : avec le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Cap Vert, le Congo, le Gabon, l’Ile Maurice, le Sénégal et la Tunisie.

[5]Communiqué du ministère de l’immigration, 13 mai 2009.

[6]Communiqué de presse de la Banque mondiale, 13 juillet 2009.

8 janvier 2010

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Auteur Éric Fassin

Lien Sexe, identité et trahison

Cette tribune d’Éric Fassin a été publiée dans Libération du 4 janvier 2010.

Le ministre de l’Identité nationale est un homme - un vrai. Son ex-épouse s’est chargée d’en informer la France : elle publiait à la rentrée 2009 un Manuel de guérilla à l’usage des femmes, portrait dépité mais amoureux de son conjoint de trente ans en mufle machiste invétéré. Qui connaissait M. Besson, mâle amateur de sports et de femmes ? Qui eût imaginé ce ministre, sinistre sinon de gauche, en séducteur impénitent ? Et surtout, qui s’en souciait jusqu’alors ? Le montrer sous ce jour finalement flatteur aura été l’ultime cadeau de la femme « répudiée » : c’est elle qui a révélé la liaison de cet homme mûr avec une Tunisienne de 23 ans — quitte à menacer, s’il songeait à lui faire des enfants, de couper « ses fameuses cojones » (sic).

La chose, il est vrai, obsède Eric Besson. Il en parle beaucoup, en privé, et même en public : « Quand on fait de la politique, il faut avoir des cojones », déclarait-il en avril. Comme le soulignait alors Stéphane Guillon sur France Inter, « Sarkozy a la banane, et Besson les cojones ». De fait, le ministre semble bien emprunter son modèle de virilité au Président, qui bombait naguère le torse contre la « racaille » en brandissant la menace du « Kärcher ». Affichant sa nouvelle épouse, Nicolas Sarkozy aurait livré sans ambages la visée politique d’une telle démonstration : « Les Français veulent un président qui en a, et qui sait s’en servir. » Loin de le neutraliser, la parité mettrait-elle en relief le sexe des hommes politiques, désormais perçus en tant qu’hommes ?

Le même Stéphane Guillon a suscité l’ire d’Eric Besson en décembre, en le prévenant qu’à l’heure de la chasse aux « mariages gris », le couple « mixte » que le ministre forme désormais avec sa jeune compagne devrait être exposé à une enquête de vie privée : « A plus de trente ans d’écart, c’est obligatoire. Quand ça ne peut plus être ni pour ton physique ni pour ta vigueur, ils contrôlent ! » Faute de procès, le ministre a confié à la presse qu’« une envie de "casser la gueule" à l’humoriste l’a traversé ». On songe encore à Nicolas Sarkozy apostrophant un pêcheur qui insultait aussi sa virilité : « Descends un peu ! » Pour être président, ou ministre, on n’en est que plus homme.

Si l’un et l’autre en font autant en matière de virilité, c’est qu’ils ont en commun le stigmate de la trahison : le traître n’étant pas un homme vrai, il ne saurait être un vrai homme. En 1995, Nicolas Sarkozy avait abandonné Chirac pour Balladur. Et en 2007, lorsque Eric Besson a changé de camp en pleine bataille, c’est lui qui a pansé ses blessures : « Ne t’en fais pas, moi aussi j’ai été traité de traître. » Or, dans le catéchisme new age du Président, ce qui sauve la « félonie », c’est qu’elle met au jour une faille — le père absent, l’adolescence solitaire, les humiliations scolaires, etc. Aussi la traîtrise n’est-elle pas un caractère accidentel d’Eric Besson, en dépit duquel Nicolas Sarkozy l’aurait accepté ; au contraire, ce défaut s’avère une qualité essentielle, pour laquelle il l’a choisi.

La trahison souille la masculinité ; en retour, l’ostentation virile en est la rédemption. Le Président bouscule les canons traditionnels : c’est la fragilité qui ferait l’homme, à condition d’être dépassée. Ainsi en 2007, dans son discours sur l’amour : « Pourquoi toujours cacher ses faiblesses, ses douleurs, ses échecs ? C’est en les assumant, c’est en les surmontant que l’homme grandit. » Toute blessure est une ouverture. Eric Besson confesse par exemple : « Je ne bois pas, je ne sors pas, je ne joue pas aux cartes, je n’ai jamais eu cette part de la masculinité. » Mais c’est pour ajouter : « J’ai toujours beaucoup travaillé, j’avais ma famille, le peu de temps qui me restait, je l’ai consacré aux femmes. » Cette autre part, dans la psychologie néolibérale, c’est la force fragile.

Cependant, tout disciple est voué à imiter son maître. Tel est le défaut de la cuirasse virile du ministre : il n’est jamais que la copie de l’original présidentiel. Il en fait donc forcément trop. Le transfuge de la gauche finit ainsi à la droite de la droite, plus antiroyaliste que le roi, au risque de dévoiler non seulement son propre jeu, mais aussi la mâle pantomime de son « patron ». Car Nicolas Sarkozy n’est-il pas lui-même pris dans un jeu d’imitation, où se dessine le spectre de Jean-Marie Le Pen ? Or, on connaît la formule de celui-ci : à la copie, les électeurs préfèrent l’original, soit le « maître étalon » de la virilité nationale. D’où le pari sarkozien : à l’inverse, appeler les Français à élire la copie contre l’original. Le Président comme le ministre sont donc condamnés ensemble à surjouer, non sans gaucherie, ce rôle emprunté.

Il en va de l’identité nationale comme de la masculinité. C’est la fuite en avant : plus, toujours plus ! L’historien George Mosse l’a montré, les nationalismes impliquent une certaine idée de l’homme. Mais le jeu exacerbé de la virilité bute aujourd’hui contre un obstacle : la « démocratie sexuelle ». La liberté des femmes et l’égalité des sexes ne sont-elles pas au cœur du projet d’identité nationale que l’Etat sarkozyste oppose aux immigrés et à leurs descendants, du contrat d’accueil et d’intégration aux cérémonies de naturalisation ? Autrement dit, le « virilisme » n’est-il pas imputé précisément aux « autres » de la nation — qu’il s’agisse des « islamistes » ou des « jeunes » des banlieues ? Dès lors, comment jouer le jeu de l’identité nationale, sans la confondre avec cette altérité ?

Sans doute peut-on combattre l’érection des minarets, qui viendraient trouer le « long manteau d’églises » de nos paysages, cher à Nicolas Sarkozy. Toutefois, manteau pour manteau, la burqa fera mieux l’affaire. Hostile à la loi en juin, Eric Besson en est devenu en décembre le plus chaud partisan : y a-t-il vu l’occasion de réconcilier la virilité nationale et la démocratie sexuelle ? C’est le schéma démonté par la théoricienne indienne Gayatri Spivak : des hommes blancs sauvent des femmes de couleur en les arrachant à des hommes de couleur… Après celle de 2004, une loi sur le voile intégral viendrait ainsi demain continuer la parade de la masculinité démocratique — en attendant plus, après-demain, pour tenir encore. Mais combien de temps ? Et si en 2010, dans la course à l’abîme de l’identité intégrale, les Français allaient sauter en marche, abandonnant ce régime d’ivresse virile à sa débandade ?

5 janvier 2010

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Michel Feher était l’invité samedi 19 décembre de l’émission « La Suite dans les idées » sur France Culture.

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France Culture « La Suite dans les idées »

21 décembre 2009

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Eric Fassin était l’invité samedi 19 décembre 2009 de l’émission « Microscopie » sur RFI à propos du débat sur l’identité nationale.

IMG/mp3/01_Identite_nationale_etre_francais-21_12_2009.mp3
RFI, Microscopie : « Identité nationale : être français ou ne pas l’être… »

1ère partie

IMG/mp3/02_Identite_nationale_etre_francais-21_12_2009.mp3
RFI, Microscopie : « Identité nationale : être français ou ne pas l’être… »

2e partie

21 décembre 2009

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Auteur Mathieu Potte-Bonneville, Michel Feher

Lien Éric Besson, le dernier mitterrandien

Ou comment le débat sur l’identité nationale, s’il semble répéter à l’identique la campagne électorale de 2007, réveille aussi des échos plus anciens par sa manière de polariser l’opinion jusqu’à favoriser la renaissance du Front national.

À lire sur le blog de Mathieu Potte-Bonneville hébergé par Mediapart.

21 décembre 2009

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