Transport à haut risque

femmes enceintes dans les véhicules de la police

Le 4 octobre 2007, une jeune femme kurde et sa fille âgée de quinze mois sont interpellées, après avoir été convoquées au commissariat de Mazamet dans le département du Tarn. La jeune femme informe les policiers qu’elle est enceinte et leur fournit un certificat médical indiquant que son transport comporterait des risques de complications médicales. Durant sa garde à vue, elle présente des saignements. Les policiers refusent d’en tenir compte. Ils la font monter dans un fourgon avec son enfant et les conduisent toutes deux au centre de rétention administrative (CRA) de Toulouse-Cornebarrieu.

Le fourgon parcourt à vive allure la centaine de kilomètres qui sépare Mazamet de Toulouse. Par deux fois pendant le transport, la jeune femme est prise de douleurs et vomit. Le lendemain matin, les équipiers de la Cimade qui se rendent au CRA la trouvent en état de choc. Sa petite fille est terrifiée. Munis du certificat médical, ils se rendent auprès du médecin du CRA qui les congédie, dédaignant les recommandations médicales, qu’il taxe de certificats de complaisance.

La jeune femme est finalement transférée aux urgences obstétriques dans l’après-midi. Quelques heures plus tard, les jumeaux qu’elle portait meurent. La police préfère alors libérer la jeune femme sans autre forme de procès. Celle-ci entamera une procédure auprès du tribunal administratif de Toulouse afin d’engager la responsabilité de l’administration. Cette procédure est toujours en cours.

Le même jour, à l’autre bout du territoire français, une autre jeune femme enceinte, en situation irrégulière, était arrêtée et placée dans le CRA de Cayenne-Rochambeau. Transférée en urgence à l’hôpital, elle accouchera d’un foetus mort.

 
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