Élisabeth Guérin

Élisabeth était coiffeuse, propriétaire de deux salons, au Bénin. C’est là-bas qu’elle a rencontré Claude, un Français qui se rendait régulièrement dans ce pays d’Afrique qu’il affectionnait particulièrement. En 2005, alors qu’ils se connaissent déjà depuis plusieurs années, Claude demande Élisabeth en mariage. Amoureuse, elle quitte tout, vend ses salons de coiffure et le suit en France. Ils se marient le 16 octobre de la même année. Élisabeth obtient un titre de séjour provisoire « vie privée et familiale » et trouve un emploi d’agent d’entretien. Le couple vit paisiblement dans un village d’Indre-et-Loire.

Mais un peu plus d’un an après leur mariage, Claude apprend qu’il est atteint d’un cancer. Élisabeth accompagne et soutient son mari jusqu’à sa mort, le 3 octobre 2007. Sa demande de renouvellement de titre de séjour est alors en cours, elle prévient spontanément la préfecture du décès de Claude. « Je suis une femme honnête », dit-elle. À peine un mois plus tard, elle reçoit un courrier : son titre de séjour ne sera pas renouvelé et elle a un mois pour quitter le territoire français. Le couple n’a pas atteint les trois ans de vie commune, obligatoires depuis la loi de 2006, pour permettre à Élisabeth d’obtenir une carte de résident ; et ce, « même si cette rupture de communauté de vie résulte malheureusement du décès du conjoint français », précise Patrick Subrémon, préfet d’Indre-et-Loire, par courrier.

Élisabeth doit démissionner, elle n’a plus l’autorisation de travailler. Elle dépose un recours contre la décision du préfet. Il sera rejeté par le tribunal administratif. Alors qu’une procédure en appel est en cours, elle est arrêtée, le 1er avril 2008 ,et placée en rétention à Tours, en vue d’une expulsion. Deux jours plus tard, le juge des libertés la libère, mais l’assigne à résidence.

Grâce à son comité de soutien, la situation d’Élisabeth sera largement médiatisée. Le samedi suivant, un article dans Le Monde, puis des reportages sur France 3 et TF1 sont consacrés au sort de Mme Guérin. C’est d’ailleurs en lisant Le Monde, comme il est précisé dans le communiqué du ministère de l’Immigration, que Brice Hortefeux « a pris connaissance des faits » et « immédiatement demandé au préfet de régulariser la situation d’Élisabeth Guérin ». Il a estimé que « le préfet avait commis une erreur manifeste d’appréciation » en justifiant le non-renouvellement du titre de séjour d’une femme en situation régulière par le décès de son mari.

Élisabeth est soulagée, elle va pouvoir honorer la promesse qu’elle avait faite à Claude : reprendre le métier qu’elle avait abandonné pour le suivre en France et ouvrir son propre salon de coiffure.

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