Famille Zhang

Zonggao Zhang n’arrive pas comprendre pourquoi la préfecture s’acharne à vouloir le renvoyer vers la Chine, un pays qu’il a quitté il y a dix ans, où il n’a plus de famille, où il aura beaucoup de mal à trouver un emploi et encore plus à se soigner, et où il sera systématiquement pénalisé pour avoir choisi d’avoir trois enfants.

Zonggao Zhang et sa femme vivent en France depuis 1998. Sur ces dix années, ils n’ont eu de répit que quatre ans, de 2001 à 2004, lorsqu’ils ont bénéficié tous les deux de titres de séjour du fait de l’état de santé de Zonggao. Il souffre, en effet, d’un diabète insulinodépendant non équilibré qui nécessite un suivi médical constant. Grâce à ces titres de séjour, le couple a pu occuper des emplois déclarés et faire venir Chenxue, leur fille aînée restée en Chine. C’est aussi à cette époque que sont nés Sophie et Dominique.

Mais, alors que la prise en charge médicale nécessaire reste pratiquement inaccessible en Chine, le médecin chef de la préfecture de police de Paris a estimé, en 2004, que son état de santé ne justifiait plus la délivrance d’un titre de séjour. Le renvoi dans la clandestinité a été particulièrement dur pour le couple et ses trois enfants. En plus de la perte de leurs emplois, l’état de santé de Zonggao s’est rapidement détérioré. Avec l’augmentation des descentes de police dans les ateliers chinois, le couple a choisi de ne plus travailler que chez lui, mais ce choix limite encore ses ressources.

Le 25 octobre 2007, Zonggao est arrêté alors qu’il allait de la maternelle de son fils à l’école primaire de ses filles. Il est placé en garde à vue, mais ne reste pas longtemps au commissariat  : son état de santé nécessite qu’il soit rapidement hospitalisé à l’Hôtel-Dieu. Dehors, les parents d’élèves et les professeurs se mobilisent, pour qu’il soit libéré. Au final, il sortira après trente et une heures de garde à vue, à une heure du matin et avec un arrêté de reconduite à la frontière.

Cette mesure d’éloignement a cependant été annulée trois mois plus tard. En effet, le tribunal administratif de Paris a considéré qu’elle était illégale du fait des conséquences qu’elle entraînait sur l’état de santé et la vie familiale de M. Zhang. Le juge a également enjoint à la préfecture de réexaminer sa situation sous trois mois, dans l’attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Le 12 mars 2008, M. Zhang se rend à la préfecture de police pour retirer son titre de séjour, mais ce qui ne devait être qu’une formalité administrative tourne mal. L’agent au guichet se permet de faire toutes sortes de remarques humiliantes à l’encontre de M. Zhang, refuse de lui délivrer un titre de séjour, exige de nouveaux justificatifs et annonce que de toutes les manières la préfecture de police fait appel de la décision. Détail pénible supplémentaire : malgré les cours de français qu’il prend depuis plusieurs années, M. Zhang ne comprend pas le français et c’est sa fille de dix ans, Chenxue, qui sert d’interprète pour cet entretien ; c’est elle qui doit prendre la défense de son père face à l’administration. Finalement, grâce à la persévérance de membres de RESF, la préfecture de police a décidé, en novembre 2008, de remettre à M. Zhang le titre de séjour qui lui revient de droit.

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