William Opoku

William Opoku

Le 13 mai 2008, William Opoku, trente-cinq ans, peintre en bâtiment, était convoqué à la gendarmerie de Ruffec, en Charente. Une fois sur place, il a immédiatement été placé en garde à vue et n’a jamais réintégré son domicile à verteuil. Le 17 juin 2008, à 4h30 du matin, William a été renvoyé au Ghana par avion, sans que sa femme, Élise, puisse lui dire au revoir.

De nationalité ghanéenne, entré en France en 2004, William s’est marié en mars 2007 avec Élise Maximin, de nationalité française, qu’il avait rencontrée en septembre 2005. William travaillait dans une entreprise anglaise de bâtiment ; il était très apprécié des habitants du village et de son employeur, mais n’avait toujours pas demandé son visa longue durée auquel le mariage avec Élise lui donnait droit. Un détail qui sera à l’origine de son expulsion.

Le 9 mai 2008, le couple remarque à plusieurs reprises des gendarmes, dont les rondes se multiplient autour de leur domicile. William leur parle le soir même, il est alors invité à se présenter quatre jours plus tard à la gendarmerie, pour régler « un détail administratif » le concernant.

Le 13 mai, c’est Élise qui se rend à la gendarmerie à la place de William. Là, les gendarmes la culpabilisent en lui expliquant que se cacher est ridicule, qu’il faut avoir confiance, que William n’a rien à craindre et que, dans deux heures, il sera de retour chez lui. Elle téléphone donc à son mari et lui demande de venir la rejoindre. Ce qu’il fait sur le champ. Dès son arrivée, sa femme est isolée dans une pièce, elle ne pourra parler à William qu’en fin de matinée.

Le jour même, vers 15 heures, William Opoku est emmené en voiture à Angoulême. Il passe la nuit au poste de police et, le lendemain à 8 heures, il est conduit à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac où un avion doit l’emmener vers Paris, puis vers Accra, au Ghana. William dit ne pas vouloir partir et passe la nuit au centre de rétention de Bordeaux. Le 15 mai à 14h30, le tribunal correctionnel de Bordeaux le condamne à un mois de prison ferme pour avoir refusé de quitter la France, comme la loi l’y autorise. La commune de verteuil met immédiatement en place un comité de soutien. Les habitants et les élus se mobilisent.

Le 7 juin 2008, après un mois d’enfermement à la maison d’arrêt de Gradignan, William est conduit au centre de rétention de Bordeaux. Le lendemain, un dimanche matin à 9 heures, il est convoqué par le juge des libertés et de la détention, qui décide de son maintien en centre de rétention. Le 12 juin au matin, un employeur connaissant bien William signe pour lui un CDI, envoyé en recommandé au préfet de la Charente dès le lendemain. Une copie est transmise à la Direction régionale du travail. Cette dernière valide le contrat de travail le 19 juin mais il est trop tard, William a déjà quitté la France. En effet, après avoir été reporté deux fois en raison des grèves (le 11 juin puis le 13 juin), le départ de William pour le Ghana a eu lieu le 17 juin à 4h30 du matin.

Malgré la mobilisation extraordinaire du comité de soutien de verteuil et l’intervention de l’évêque de Charente auprès du préfet (dont la foi est notoire), William a été expulsé.

Il habite aujourd’hui chez un ami à Accra,dans un état de profonde dépression. La séparation est difficile à vivre pour le couple, et Élise espère le rejoindre prochainement. William a laissé en France sa femme, sa maison, son travail ; sa vie en somme.

Récit précédent
Récit suivant
 
Contact
Nous contacter
Lettre d'informations
recevez par mail l'actualité de Cette France-là. S'inscrire.