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Emmanuelle Cosse, membre de Cette France-là, était l’invitée de Daniel Cohn Bendit au Grand Journal de Canal+ (émission du 19 juin 2009).

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Le Grand Journal de Canal+

19 juin 2009

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Auteur Michel Feher

Documents Repenser la politique européenne d’immigration [PDF - 273.4 ko]

Terra Nova a sollicité Michel Feher, président de l’association Cette France-là, pour écrire une note qui a été distribuée aux candidat-e-s « progressistes » aux dernières élections européennes de juin 2009. suite

19 juin 2009

Conférence-débat à l’ESC, Clermont-Ferrand
Quand ? Le 11 juin 2009 20:30 22:30
Où ? ESC : Amphi JF Genova, 4 boulevard Trudaine, Clermont-Ferrand.

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L’École de commerce ESC de Clermont-Ferrand organise une conférence-débat autour de Cette France-là, volume 1. Emmanuelle Cosse, co-auteure du livre, sera présente.

Ce débat est organisé en partenariat avec Le Temps des cerises ; TEC ; le Syndicat des avocats de France ; le Syndicat de la magistrature ; RESF ; la Cimade ; la Ligue des droits de l’homme ; le MRAP et Amnesty International.

28 mai 2009

Des mots de minuit, France 2
Quand ? Le 10 juin 2009 01:00 02:00

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Michel Feher, co-auteur du Volume 1, est l’invité de l’émission Des mots de minuit, mercredi 10 juin à 01h00.

28 mai 2009

Conférence-débat à l’initiative de la Cimade
Quand ? Le 2 juin 2009 20:30 22:30
Où ? Temple de la fraternité : 7 rue Antoine Delon, Nîmes

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Isabelle Saint-Saëns et Anne-Isabelle Barthélémy, co-auteures du Volume 1, participeront à la conférence-débat organisé par la Cimade.

28 mai 2009

Politique d’immigration choisie/subie

Immigrés « choisis » par qui et pour qui

Politique d’immigration choisie/subie
Quand ? Le 10 mai 2009 19:00 22:00
Où ? Maison de la mixité : 70 rue des rigoles, 75020 Paris

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Documents Plaquette débat « Politique d’immigration choisie/subie » [PDF - 798.7 ko]

Conférence-débat organisée par SOS Racisme, dans le cadre de sa campagne « 30000 expulsions par an, c’est la honte. Mobilisons-nous »

Avec : Nathalie Ferré, vice-présidente du Gisti ; Michel Feher, président de Cette France-là ; Sonia Lokku, responsable des solidarités internationales à la Cimade ; Claire Rodier, présidente de Migreurop, membre de Des ponts, pas des murs et Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

6 mai 2009

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Auteur Aurélie Windels, Éric Fassin

Lien Politis

En 1987, Gary Hart, candidat à la nomination démocrate pour l’élection présidentielle aux États-Unis, mettait les journalistes au défi de prouver la liaison adultère que la rumeur lui prêtait. Aussitôt, la presse publiait une photographie qui mettait un terme à sa campagne. Aujourd’hui, Éric Besson évoque Gary Hart, non pas du fait de ses confidences conjugales (« en ce moment ça tangue un peu dans le couple »), mais depuis qu’il a mis au défi les associations de prouver l’existence d’un « délit de solidarité ».

Interpellé le 11 mars à l’Assemblée nationale par George Pau-Langevin, le ministre affirmait déjà : « L’article L. 622-1 du code d’entrée et de séjour des étrangers en France a permis de démanteler à peu près 4 000 filières d’immigration clandestines. En soixante-cinq ans, seules deux condamnations, avec dispense de peine, et c’est très rare, sont intervenues. » Depuis, sur les blogs (Combat pour les droits de l’homme, Journal d’un avocat), et du côté des associations (GISTI, Amoureux au ban public), les réfutations se multiplient. En réponse au communiqué de presse des associations (« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit »), le ministre n’en déclare pas moins le 8 avril, jour de la manifestation nationale : « le délit de solidarité n’existe pas ; c’est un mythe. Donc celles et ceux qui manifestent pour cela doivent être rassurés : ils manifestent contre un mythe. » Tantôt il se fonde sur les seules décisions de justice, et non sur les poursuites (« personne n’a jamais été condamné »), et tantôt il s’abrite derrière la séparation des pouvoirs (s’il y a bien « trois ou quatre affaires en cours », elles « ne dépendent pas de moi », car « l’autorité judiciaire est indépendante en France »). Toutefois, confronté aux condamnations recensées par le GISTI, Éric Besson finit par perdre patience : s’il annonce le 21 avril qu’il « a pris connaissance avec intérêt de cette liste, et s’engage à apporter une réponse circonstanciée », dès le lendemain, il change de ton : « Je le dis avec pondération : la crédibilité du Gisti en la matière, elle est quasiment nulle. »

Gary Hart a chèrement payé son pari perdu ; Éric Besson, hier chargé d’évaluer ses collègues du gouvernement et aujourd’hui encore chantre de la « culture du résultat », en sortira-t-il indemne ? Dans Le Mondedu 21 janvier, il avouait que, responsable du pamphlet socialiste de 2007 sur « Les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy », il n’avait « pas écrit un mot sur la partie concernant l’immigration. Ce n’était pas ma compétence. » Autrement dit, l’auteur de cette charge était compétent dans ce domaine – pas Éric Besson. On touche ici à l’essentiel : la politique d’immigration actuelle n’est pas fondée sur la compétence, mais sur l’illusion du sérieux ; non sur la raison, mais sur l’apparence raisonnable ; non sur les résultats, mais sur la culture du résultat. Dans les débats suscités par le film Welcome, Éric Besson est très à l’aise pour dénoncer le Parti socialiste : « il y a cet écran de fumée du délit de solidarité, qui arrange bien, parce que ça permet de jouer sur le registre émotionnel ». Toute la force rhétorique de sa position tient à une seule proposition : l’émotion « droit-de-l’hommiste » ne serait que l’envers d’une « incapacité à proposer une politique migratoire alternative » raisonnable.

En revanche, quand on l’attaque sur le terrain de la raison et non du coeur, il perd pied. La contestation associative, relayée par l’opposition politique, a ainsi ouvert une brèche dans son dispositif. Deux propositions de loi sont déposées le 18 mars, l’une à l’Assemblée, l’autre au Sénat. Si le délit de solidarité n’existe pas, ou n’est jamais appliqué, pourquoi ne pas restreindre l’article L. 622-1 du CESEDA (revendication du GISTI en 1995 et encore en 2003) à ceux qui interviennent « à titre onéreux » ou « dans un but lucratif » ? Éric Besson ne trouve-t-il pas lui-même « maladroit » le mot « aidant » qui figure dans la loi de finances (5000 devraient ainsi être interpellés en 2009) ? Selon lui, la « traque » ne viserait en fait que les « trafiquants ». L’initiative de la gauche devrait d’autant plus séduire le ministre qu’elle est conforme à une directive européenne du 28 novembre 2002 : n’est-il pas attentif à rappeler à ses anciens amis socialistes « que la politique française d’immigration, c’est la politique européenne », également soutenue par des gouvernements de gauche ?

Or, confronté aux faits, Éric Besson ne peut plus se contenter de dire qu’il n’y a pas besoin de changer la loi. Il lui faut reconnaître qu’il ne le souhaite pas. À Calais le 23 avril, il rejette donc ces propositions de loi : « Le principal instrument juridique pour lutter contre ces filières, l’article L.622-1 du CESEDA, ne sera pas modifié. Tous ceux qui contribuent de manière active, et en toute connaissance de cause, à ces filières, doivent être poursuivis, qu’ils agissent dans un but lucratif — c’est le cas de l’immense majorité des passeurs — ou par idéologie ou par passion — ce qui est exceptionnel mais peut arriver. » Comment justifier ce retournement apparent ? « Ne soyons pas naïfs. Les passeurs facturent une prestation globale, incluant l’intervention éventuelle de bénévoles et d’associations. La passion quelquefois imprudente des uns peut faire la fortune des autres. » Les bénévoles qui aident les sans-papiers travailleraient en réalité pour les « passeurs » : la limite s’estompe ici.

« Par idéologie ou par passion » ? Ce sont les deux grandes catégories que vise, sinon la loi, du moins la pression policière actuelle : d’un côté, les militants ; de l’autre, les familles. Les exemptions prévues dans l’article L. 622-4 protègent sans doute théoriquement celles-ci, voire ceux-là. Il n’empêche : en dépit de la loi, même les conjoints ne sont pas à l’abri – les Amoureux au ban public n’ont pas manqué de le rappeler. L’intimidation est claire. Du côté familial, la lettre de mission que Nicolas Sarkozy adresse le 31 mars à son nouveau ministre de l’immigration en donne la clé : il faut « poursuivre le rééquilibrage entre immigration professionnelle et familiale », ce qui, « dans le contexte actuel de l’emploi », implique bien moins la relance de l’immigration de travail que la réduction de l’immigration familiale, avec « un renforcement de la lutte contre les abus et la fraude, notamment les mariages de complaisance, les mariages forcés, ou les situations d’immigration illégale débouchant sur une régularisation pour motif de vie privée et familiale. » Conjoints et familles sont donc a priori suspects.

Du côté associatif, certes, comme y insiste Éric Besson, « l’action humanitaire en direction des étrangers en détresse, quelle que soit leur situation au regard du droit au séjour, est parfaitement légale. » Ce qui est donc visé, c’est bien l’idéologie : l’action humanitaire est légitime à condition de n’impliquer aucune critique de la politique menée. Le ministre aime à le dire, c’est à tort qu’on lui reproche de faire la guerre aux bénévoles : dans sa lettre du 7 avril aux associations mobilisées contre le « délit de solidarité », il rappelle ainsi que l’État « apporte, avec les collectivités locales, un important soutien technique et financier, plus de 20 millions d’euros par an, aux associations venant en aide aux immigrés en situation irrégulière, dont le rôle humanitaire est indispensable. » Cette générosité ne va pas sans contrepartie : le rappel prépare le rappel à l’ordre.

Certains l’apprennent à leurs dépens. Selon La Croix du 31 mars, « après un échange très vif avec le président national de la Cimade sur les ‘aidants’ », Éric Besson déclare en effet : « j’ai compris : s’il faut, je vais cogner. » De fait, c’est le 10 avril que le ministère rend publics les résultats de l’appel d’offre lancé pour l’accompagnement des étrangers dans les Centres de rétention administrative, soit un marché de 5 millions d’euros dont la Cimade perd ainsi le monopole. Des associations moins critiques bénéficient de la répartition nouvelle. L’apolitisme n’est pourtant pas requis : le collectif Respect, constitué en 2002 en réaction aux sifflets qui avaient accueilli la Marseillaise lors d’un match au Stade de France pour promouvoir le respect dû aux symboles de la République, se voit attribuer le « lot » de l’Outre-mer. Sans expérience humanitaire, sans rapport avec des territoires où l’on expulse à une autre échelle, et même sans salariés, l’heureux bénéficiaire de la manne publique n’est connu que pour ses liens avec l’UMP. Comme le dit encore Éric Besson : « Le respect de la loi, ce n’est pas l’arbitraire, mais la protection contre l’arbitraire. Entre le fort et le faible, c’est la loi qui protège. » À lire cette phrase, on s’interroge sur son sens : dans la « jungle » de Calais, et au-delà, la loi a-t-elle vocation à protéger le faible du fort – ou bien l’inverse ?

Éric Fassin, sociologue, et Aurélie Windels, journaliste, sont membres de Cette France-là.

Tribune publiée dans Politis du jeudi 30 avril 2009.

30 avril 2009

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Auteur Michel Feher

Lien Le Monde

Les mécanismes qui ont précipité la crise financière sont aujourd’hui connus. Quant aux pratiques qui en sont la cause, nul ne se risque plus à les imputer aux errements de quelques banquiers irresponsables. On sait qu’elles relèvent d’une culture dont les marchés financiers constituent l’élément moteur et qui a imposé aux entreprises un mode de gouvernance davantage axé sur la majoration de leur valeur actionnariale à court terme que sur l’optimisation pérenne de leur profitabilité.

Au coeur d’une telle culture, figure une conception particulière de « l’obligation de résultat », qui astreint les gestionnaires de capitaux à obtenir les plus hauts rendements possibles. Il s’agit pour eux de satisfaire les détenteurs de titres en leur offrant des dividendes élevés, notamment lorsque ces actionnaires sont des fonds spéculatifs qui investissent sur cette seule base, et plus généralement d’assurer le « crédit » de la compagnie pour laquelle ils travaillent, c’est-à-dire d’entretenir la confiance dans sa faculté de reproduire ou d’améliorer encore ses rendements dans un futur proche.

Loin d’apparaître comme des parasites de l’appareil de production, les spéculateurs sont dans ce régime les destinataires privilégiés de l’activité entrepreneuriale : celle-ci ne cherche pas tant à se protéger de leurs manoeuvres qu’à se conformer à leurs critères pour influer sur leurs calculs.

En résulte un monde où l’entretien d’une « aire de jeu » livrée aux appréciations des marchés financiers exige non seulement que le champ des transactions soit dérégulé, en sorte de permettre aux agents d’atteindre les objectifs qui accréditent leur efficacité, mais encore que celle-ci soit définie et mesurée par des agences de notation dont la préoccupation prioritaire est l’évolution de la valeur boursière d’une entreprise.

Pour se maintenir, un pareil régime mise à la fois sur l’allégeance de ses exécutants et sur la mise à l’écart des « lanceurs d’alerte ». La loyauté des premiers procède de leur étroite dépendance à l’égard des instances dirigeantes qui indexent les rémunérations aux résultats à obtenir mais aussi, et à titre de compensation, des libertés dont ils disposent, sur les plans du droit et de l’éthique, pour atteindre ces mêmes résultats.

Quant à la neutralisation des seconds, elle passe par l’homogénéisation des modes d’évaluation de la performance entrepreneuriale, et donc par la marginalisation des points de vue susceptibles de mettre en cause la pertinence économique, sociale et environnementale des chiffres censés témoigner de l’efficacité d’une entreprise ou du travail de ses employés.

Il reste qu’à eux seuls, ni l’esprit de corps de ses agents ni l’étouffement des questionnements portant sur le bien-fondé de ses objectifs ne suffisent à préserver la « culture du résultat » des soupçons auxquels l’expose la circularité de son fonctionnement. Pour conjurer la méfiance qui menace la valorisation des actifs, encore faut-il s’assurer de la docilité des exclus de la distribution des dividendes en leur permettant d’emprunter une part des liquidités que la spéculation génère. Or on sait qu’emportés par leur élan, les pourvoyeurs de crédit n’ont pas conservé les provisions requises pour garantir ces emprunts indispensables à la perpétuation de leur empire.

Est-ce à dire que la « culture du résultat » est désormais « discréditée » ? Il est assurément trop tôt pour le dire ; d’autant que les lieux où elle demeure à l’oeuvre ne sont pas toujours ceux que l’on imaginerait les plus propices à son implantation.

Tel est en particulier le cas de l’Etat français, depuis que Nicolas Sarkozy s’est promis de rompre avec l’« inefficacité » de ses prédécesseurs. Dès son arrivée au ministère de l’intérieur, en 2002, et davantage encore depuis son élection, le président de la République n’a eu de cesse de convertir les agents de l’Etat à une culture directement importée des branches à hauts rendements du secteur privé. Or force est de reconnaître que ses efforts ont porté leurs fruits.

La « politique du chiffre » est en effet la marque de fabrique du pouvoir actuel, et pas seulement en matière d’immigration. Dans l’ensemble des ministères et administrations préfectorales, l’aptitude des agents de l’Etat à réaliser les objectifs chiffrés qui leur sont fixés détermine non seulement l’évolution de leurs carrières mais aussi l’efficacité que le gouvernement entend s’attribuer et surtout la performativité que le président de la République prête à sa propre volonté. D’une manière générale, les rendements exigés de l’administration sont bien là pour entretenir le crédit de l’exécutif.

Parce que la signification des chiffres affichés réside exclusivement dans le mérite dont se pare une administration apte à les réaliser, il importe que ce qu’ils désignent ne fasse jamais l’objet d’évaluations indépendantes : il n’y aura donc aucune étude consacrée à l’effet des « éloignements » programmés de sans-papiers sur l’économie française ou sur l’intégration des étrangers en situation régulière, et pas davantage de rapport officiel destiné à établir si le taux d’élucidation des délits constatés est une bonne mesure de l’efficacité policière. (Pour l’augmenter, les policiers ne sont-ils pas incités à privilégier les infractions où constatation et élucidation se confondent, tels que l’outrage à agent ou la possession de drogue, au détriment des délits plus longs à élucider, tels que les vols ou les trafics ?)

De même, nul examen ne viendra éprouver l’efficacité des réformes censément conçues pour améliorer les performances de la recherche universitaire, des hôpitaux ou de la justice. Car « cultiver » le résultat, c’est tout à la fois le numériser, l’exhiber et l’abstraire de ces implications concrètes.

Enfin, l’autoritarisme distinctif de la présidence de Nicolas Sarkozy participe lui aussi d’un mode de gouvernement dont le souci majeur est la conjuration du discrédit de ceux qui le mettent en oeuvre. Un président qui compte sur les hauts rendements imposés à ses subordonnés pour accréditer le pouvoir de sa volonté sera en effet enclin à qualifier d’outrages les critiques qui, exposant la vacuité des chiffres affichés, sont susceptibles d’affecter négativement la valeur de son « titre ».

En dépit du désastre économique et social auquel elle a conduit, la culture du résultat continue donc d’être à la fois exaltée par le locataire de l’Elysée et appliquée par les ministres et les préfets qui travaillent sous ses ordres. Bien plus, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à présenter son renforcement au sein de la fonction publique comme un remède aux maux qu’elle a provoqués dans le secteur privé.

L’Etat français, dernier bastion des golden boys ? Le paradoxe serait cocasse si la récente adhésion du président de la République au "« retour de l’État »" ne laissait craindre une extension inédite des ravages causés par la culture du résultat.

Tribune parue dans Le Monde, édition du 26 avril 2009

Michel Feher est philosophe, président de l’association Cette France-là

26 avril 2009

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